mercredi 30 décembre 2009

L’Appel des appels Un an après

Appel des appels

Bonnes fêtes de fin d'année à tous...



www.appeldesappels.org


Décembre 2009

Le malaise en France est bien là, profond, palpable. Misère sociale, crise financière et économique, détresse morale, impasse politique. Le gouvernement navigue entre cynisme et opportunisme. La caporalisation des esprits accompagne la petite musique néolibérale, invitant tout un chacun à la servitude sociale librement consentie de tous. Lorsque le peuple résiste à consentir, on le réquisitionne, on l’opprime, on le licencie, on le « casse », bref le Pouvoir renoue avec les principes premiers de la tyrannie : populisme pour tous et décision d’un seul.
Au nom de « l’efficacité » mesurable érigée en loi suprême, les réformes visent à enserrer les populations dans des dispositifs de contrôle qui les accompagnent du berceau à la tombe. Psychologisation, médicalisation et pédagogisation de l’existence se conjuguent pour fabriquer une « ressource humaine » performante. La sévère discipline d’une concurrence de tous contre tous impose à chacun de faire la preuve à tout instant de sa conformité aux standards de l’employabilité, de la productivité et de la flexibilité. L’idéologie d’une civilisation du profit s’insinue jusque dans les subjectivités convoquées à se vivre comme un « homo economicus », un « capital humain » en constante accumulation. Cette normalisation, à la fois polymorphe et monotone, suppose que tous les métiers qui ont souci de l’humain soient subordonnés d’une manière ou d’une autre aux valeurs de rentabilité et fassent la preuve comptable de leur compatibilité avec le langage des marchés financiers et commerciaux. Convertis en entreprises de coaching psychiatrique, de recyclage psychique, de gestion de l’intime, une trame fine de services d’accompagnement individualisé, forcément bien intentionnés, proposent de nouvelles tutelles sociales et culturelles pour mieux mettre les hommes en consonance immédiate avec les exigences impitoyables des marchés qui nous disciplinent. Cette conversion du service public en contrôle social à la fois souple, constant et généralisé suppose que tous ceux qui concevaient encore leur métier comme une relation, un espace et un temps réservés à des valeurs et à des principes étrangers au pouvoir politique et à l’impératif de profit doivent être eux-mêmes convertis par toute la série de réformes qui s’abat sur la justice, l’hôpital, l’école, la culture, la recherche, le travail social. Contrôler les contrôleurs des populations, normaliser les normalisateurs des subjectivités, c’est la condition indispensable du bouclage des sociétés. Lorsque cela ne suffit pas, c’est à la santé que l’on recourt pour alarmer les populations sans leur donner véritablement les moyens de la préserver : à propos de la pandémie récente des professeurs de médecine parlaient du « management par la panique ».
Comme la quête illimitée de la performance ne cesse de produire ses anormaux, ses exclus, ses inutiles et ses inefficaces, elle engendre un appareil répressif proliférant, à la mesure de la peur sociale et des paniques subjectives qu’elle provoque. L’auto-alimentation de la peur et de la répression paraît sans limites. Elle produit l’espoir suprêmement dangereux pour les libertés d’une société parfaitement sécurisée, dans laquelle serait repérée et éliminée de la naissance jusqu’à la mort la dangerosité de tout individu. L’homme indéfiniment traçable par la surveillance génétique, neuronale et numérique n’est plus une figure de science-fiction, c’est un programme scientifique et politique en plein développement. La société de demain sera animale ou ne sera pas ! N’est-ce pas d’ailleurs ce que dit la « science » sur les résultats de laquelle tous les « tyrans » font cuire leur petite soupe pour justifier leur Pouvoir sans avoir à le soumettre au débat politique : c’est la Nature ou le Marché qui veut ça et on ne peut pas faire autrement que de s’y prendre comme l’on peut. Avec la Neuro-économie d’ailleurs on sait bien que la Nature et le Marché c’est du pareil au même et que le Cerveau fonctionne comme un actionnaire et réciproquement ! Il reste à apporter cette « Bonne Nouvelle » aux populations qui l’ignorent encore et les « corps intermédiaires » sont « réquisitionnés » entre deux pandémies et deux « spectacles » au cours desquels on a pu vendre à Coca-Cola un peu de temps disponible ! Entre les deux scènes le « risque » encore le « risque », vous dis-je, menace l’apathie sereine des populations managées par la peur et distraites par la télécratie.
Magistrats, enseignants, universitaires, médecins, journalistes, écrivains, travailleurs sociaux, acteurs culturels, tous doivent plier devant de nouveaux préfets qui, au nom des « risques » divers et variés, normalisent et évaluent leurs pratiques professionnelles selon des critères idéologiques de contrôle social des populations et de conformisation des individus : nouveaux préfets de santé, les directeurs des Agences Régionales de Santé contrôlent non seulement les établissements hospitaliers, les réseaux sanitaires, mais absorbent également tout le secteur social. Nouveaux inspecteurs d’université, les experts des Agences d’Évaluation (AERES et ANR) visitent les laboratoires et les équipes de recherche pour vérifier qu’en matière de production scientifique ils obéissent bien à la politique de marque des publications anglosaxonnes. Ces nouveaux préfets du savoir, descendants des inspecteurs d’université créés par Napoléon Premier et des services de marketing publicitaire des industries de l’édition et de l’information scientifique vérifient que les acteurs de la production des connaissances courbent suffisamment l’échine sous le poids de leur nouvelle civilisation. Prônant la guerre de tous contre tous, ils chantent les louanges d’une performance d’autant plus proclamée qu’elle s’avère réellement inefficace. Pour les magistrats et les éducateurs, on supprime les relais intermédiaires et les procédures qui pouvaient potentiellement assurer leur indépendance. C’est le contenu même des programmes d’éducation et de soin, de justice, de recherche et d’information que l’on modifie en définissant de nouvelles formes par lesquelles ils s’exercent ou se transmettent. Comme le pouvoir actuel n’est pas à une contradiction près, les réformes qu’il impose peuvent dans le même mouvement désavouer les débats qu’il propose : on diminue l’importance de l’histoire et de la géographie au moment même où s’ouvre un soi-disant débat sur l’identité nationale !
Pour faire oublier les inégalités sociales redoublées et délibérées, la peur de l’étranger est attisée et exploitée sans vergogne. La traque au clandestin favorise les passions xénophobes, installe insidieusement des dispositifs de vidéosurveillance des populations et de traçabilité des individus. A partir de la traque des « anormaux » et des « illégaux », par la manipulation de l’opinion par la peur, par les effets d’annonces, avec des dispositifs de contrôle, le Pouvoir prépare insidieusement et obscurément le quadrillage en réseau des populations dites « normales » et « nationales ». Cette infiltration progressive du « cancer » sécuritaire s’exerce au nom des risques que feraient courir les terroristes étrangers, les schizophrènes dangereux, les pédophiles en cavale, et ces sans domicile fixe que nous risquons tous, plus ou moins, de devenir dans la construction d’un État néolibéral qui fait de chacun d’entre nous un intérimaire de l’existence et un intermittent de la Cité. C’est cette civilisation dont nous ne voulons pas que démonte secteur professionnel par secteur professionnel le mouvement de l’Appel des appels. Civilisation de la haine qui invite à traiter les hommes comme des choses et à faire de chacun le manageur solitaire de sa servitude sociale et le contrôleur de gestion de sa faillite citoyenne.

De l’asphyxie à l’insurrection des consciences
Face à l’irresponsabilité des gouvernements, l’insurrection des consciences s’étend. Désobéissance individuelle, protestations, grèves, contestations multiformes : le refus d’obtempérer est la réponse de tous ceux qui ne se résignent pas au monde de la guerre économique et à cette civilisation d’usurier qui « financiarise » les valeurs sociales et psychologiques et « calibre » les individus comme la Commission Européenne calibre les tomates.
Dans le cours de ce vaste et divers mouvement de refus, il y a un an l’Appel des appels était lancé. Au mensonge de réformes qui, partout, font pire quand elles prétendent améliorer, des dizaines de milliers de professionnels de multiples secteurs, depuis le soin jusqu’à la justice en passant par la culture, le travail social, l’éducation et la recherche, ont dit non. Non, il n’est nulle part écrit que la concurrence de tous contre tous, que le management de la performance, que la tyrannie de l’évaluation quantifiée doivent détruire les uns après les autres nos métiers et l’éthique du travail qui lui donne son sens. Non, il n’est écrit nulle part que les ravages provoqués par un capitalisme sans limites doivent se poursuivre de crise en crise et que l’idéologie de la rentabilité doive modifier jusque de l’intérieur toutes les institutions, surtout celles qui constituent les derniers remparts à la dictature absolue du profit. Non, il n’est écrit nulle part que nous devions rester isolés et désolés face aux désastres en cours dans le monde du travail et dans le lien social.
L’Appel des appels, un an plus tard, est connu comme un des points de ralliement, de croisement et de coordination des résistances. Le travail continue. Il est double : transversalité et réflexion commune. D’abord, établir des liens concrets entre des activités qui subissent toutes la même normalisation professionnelle. Cela se fait dans les comités locaux, et par toutes les alliances locales et nationales tissées entre associations, syndicats et collectifs. Ce qui lie dans ce que nous vivons est plus fort que ce qui sépare nos activités spécialisées.
Ensuite, approfondir la réflexion commune. L’Appel des appels, c’est désormais un premier livre collectif[1] qui propose des analyses précises des réformes et des politiques en cours, et qui tente une compréhension globale de la situation. Pas de lutte efficace possible si l’on ne saisit la particularité du moment, tel est le sens de l’ouvrage conçu comme un outil de transversalité et un point de départ possible d’un travail collectif mené par celles et ceux qui s’inscrivent dans la démarche de l’Appel des appels.
Ici, ce ne sont pas des « intellectuels » qui s’adressent à des « travailleurs ». Ce sont des professionnels qui forment un collectif de pensée et d’action, un « nous raisonnable » qui traverse les frontières des métiers et des disciplines. Intellectuels transversaux, plutôt que spécifiques, professionnels voulant exercer en toute connaissance de cause, tels se veulent les acteurs de ce mouvement à beaucoup d’égards original. Enoncée du cœur de nos métiers notre parole est citoyenne et c’est aux citoyens sans exclusive qu’elle s’adresse pour qu’en retour elle soit non seulement entendue mais encore relancée et redéfinie pour construire cet espace d’un dialogue dans l’espace public d’où émerge la démocratie.
L’Appel des appels, sa force, il la tient de notre conviction partagée que la division subjective et la division sociale ne peuvent être liquidées quels que soient les efforts déployés par les pouvoirs. Réduire aujourd’hui l’homme à l’unité de compte d’une anonyme « ressource humaine », à une force enrôlée dans la mobilisation générale au service de la performance et de la compétitivité, asservie par des dispositifs de management des plus sophistiqués et souvent des plus persécutifs, ne peut qu’engendrer souffrance, révolte sourde, éclats demain qui diront l’insupportable de la négation de l’humain et du social. Nul pouvoir technique, scientifique, économique, quelles que soient ses prétentions à l’instrumentalisation totalitaire, ne saurait supprimer le sujet et le conflit, acquis anthropologiques de la démocratie. C’est la raison de l’Appel des appels. C’est pourquoi, partout où nous sommes, nous ne céderons pas, nous refuserons l’humiliation et le mépris sans le demander pour l’autre. Pari difficile pour chacun d’entre nous, dont seul le « Nous raisonnable » constitue l’assurance que nous pouvons encore et encore le gagner, pas contre mais avec l’autre, à condition et à condition seulement d’autoriser, d’accueillir et de prendre soin du conflit. Faute de quoi la reproduction de l’espèce finira par anéantir son humanité.

Pour le Bureau de l’Appel des appels
Roland Gori et Christian Laval, Le 22 Décembre 2009

[1] Roland Gori, Barbara Cassin, Christian Laval (sous la dir. de), 2009, L’Appel des appels Pour une insurrection des consciences. Paris : Mille et une nuits.

mardi 29 décembre 2009

Qu’est-ce que la rationalité néolibérale ?

L’appel des appels désigne l’idéologie qui sous-tend les politiques mises en œuvre par le gouvernement comme une « idéologie de l’homme économique ». L’expression a l’indiscutable mérite de nommer le cœur du système des croyances, des valeurs et des représentations qui inspire plus ou moins consciemment les dirigeants de l’Etat et de la haute administration, et au-delà, tous les cercles de « décideurs » et tous les groupes de pression qui contribuent peu ou prou à la définition de l’orientation imprimée à l’action publique. Cette idéologie repose sur un postulat de base qui lui confère à la fois sa simplicité et sa cohérence : l’homme est un calculateur qui est guidé dans toute sa conduite par la poursuite de son intérêt égoïste. Comme toute idéologie, celle-ci a ses agences de diffusion, ses sectateurs, ses propagateurs au prosélytisme plus ou moins empressé. A cet égard, il ne fait guère de doute que les économistes de l’école du Public Choice [1] ont joué un rôle d’« éclaireurs », au moins autant que Friedrich Hayek, Milton Friedman ou Gary Becker, en étendant l’hypothèse de l’acteur égoïste et rationnel au comportement des agents de la puissance publique, c’est-à-dire en universalisant un modèle qui ne valait jusque là que pour les seuls agents du marché. On pourrait alors, d’une manière très classique, attribuer à une telle idéologie une double fonction de légitimation/occultation : légitimant la nouvelle gestion managériale de l’action publique, elle occulterait en même temps la réalité brutale d’une mise au pas de l’individu sommé d’obéir aux ordres d’une bureaucratie tatillonne, ou encore, au nom de la nécessaire « responsabilisation » de chacun, elle ne ferait que dissimuler la réalité crue d’une domination encore plus directe du capital sur les salariés.
Cependant, pour étendue que soit son influence, pour puissants que soient les multiples véhicules par lesquels elle agit sur la conscience des acteurs sociaux, cette idéologie n’explique pas tout. Comment en effet rendre raison de l’ampleur et de la profondeur du cours actuel par la seule emprise d’une idée dominante ou d’un ensemble d’idées dominantes? Tout d’abord, il convient de ne pas s’exagérer le degré auquel les gouvernants eux-mêmes souscrivent à ce postulat : nombre d’entre eux protesteraient vivement contre une telle réduction de l’homme à la dimension du calcul d’intérêt, ce au nom même de la morale et de la religion. Après tout, l’idéologie conservatrice n’est pas moins une idéologie que celle de l’homme économique, et toutes deux sont susceptibles de se combiner d’étrange manière dans la conscience d’un même individu. Ensuite, l’explication par l’idéologie impliquerait de reconstituer une chaîne causale assez complexe : il faudrait aller de l’élaboration consciente par quelques doctrinaires d’une théorie à prétention scientifique, ou d’un programme de recherche universitaire, jusqu’à l’application de cette même théorie par des décideurs politiques en passant par la conversion intellectuelle de ces derniers et la traduction de la dite théorie en programme politique par quelques « conseillers » avisés. D’un bout à l’autre de cette chaîne, depuis le projet initial jusqu’à sa réception et son acceptation active, on ne sort pas de la sphère de la conscience et des rapports d’influence noués entre plusieurs consciences. Or, et là est l’essentiel, en appeler à l’idéologie ne permet en rien d’expliquer la manière dont des individus qui se méfient d’une semblable réduction de l’homme, voire qui la réprouvent, en viennent pourtant à se conformer dans leur conduite aux nouvelles normes de calculabilité et de rentabilité. On fera donc valoir que la question doit être déplacée : ce qu’il s’agit d’expliquer, ce n’est pas tant l’adhésion rencontrée par une idéologie moyennant des mécanismes de transmission plus ou moins compliqués, ou encore la manière dont cette adhésion finirait par induire plus ou moins directement une certaine conduite de la part des sujets, que la prévalence de certaines normes de conduite indépendamment de l’adhésion des acteurs à ces normes. Aussi nous apparaît-il particulièrement fécond de penser l’efficace des normes directement et immédiatement à partir de la pratique elle-même, c’est-à-dire à partir de ce que font les hommes. Autrement dit, ce qui s’impose à nous, si nous voulons comprendre notre propre situation, c’est de penser l’action par laquelle une certaine logique en vient à normer les pratiques, bref quelque chose comme une certaine « logique des pratiques » qui ne procède pas du projet d’une quelconque conscience et n’opère pas par « attraction idéologique ». C’est à cette nécessité que répond précisément le concept de « rationalité » proposé par Michel Foucault : une rationalité n’est pas un système de représentations subjectives, elle est avant tout une manière d’ordonner de l’intérieur les pratiques, manière qui peut fort bien s’accompagner de systèmes de représentations très différents en fonction des nécessités du moment.
Toute la question est alors de déterminer ce que la rationalité qui prévaut aujourd’hui a d’inédit et d’original. A cette fin, la première chose à préciser est que cette rationalité consiste en un certain mode de gouvernement et qu’à ce titre elle constitue une rationalité gouvernementale. Parler ici de « gouvernement » ne va nullement de soi et appelle quelques éclaircissements[2]. En premier lieu, il s’agit moins du gouvernement comme institution que du gouvernement comme activité : c’est en effet l’activité qui fait l’institution et non l’inverse, de sorte que l’institution doit être elle-même comprise comme une manière spécifique de gouverner. Il n’y a pas « le » gouvernement en soi qui prendrait successivement plusieurs formes au cours de l’histoire sans que sa réalité soit le moins du monde affectée par cette variation, mais il y a autant de gouvernements que de pratiques de gouvernement. En second lieu, l’objet de l’activité de gouvernement ce sont les hommes: non pas un tout qui existerait par lui-même et qui serait l’Etat, le territoire ou la cité, à l’image du navire dans la célèbre métaphore du timonier ou du pilote qui tient le gouvernail[3], mais les hommes pris individuellement ou collectivement, et plus précisément encore, les hommes dans leur conduite et dans les rapports aux choses que cette conduite implique. En troisième lieu, et ce point est proprement décisif, à rebours d’une très ancienne ligne de pensée qui tend à identifier l’activité de gouverner à l’activité de commander[4], on entendra par « gouvernement » quelque chose de très différent du « commandement ». Commander à des hommes, c’est leur donner des ordres et veiller à leur exécution, et c’est à partir de ce sens qu’on a longtemps défini l’art du gouvernant dans une certaine tradition de philosophie politique : l’homme politique en tant qu’il gouverne, ce n’est pas celui qui transmet les ordres qui émanent d’un autre (comme le héraut, le chef des rameurs ou le devin), c’est celui qui donne des ordres qui viennent de lui-même[5]. L’activité de gouverner procèderait dès lors de l’aptitude à imposer, au besoin par la contrainte ou la coercition, un objectif à des individus qui n’en voient pas a priori la justification ou la nécessité, faute d’une véritable intelligence du bien commun. En somme, gouverner ce serait, pour une volonté qui poursuit un certain objectif, parvenir à imposer à d’autres volontés cet objectif qui n’est pas, au moins d’emblée, le leur. On ne soutiendra pas ici que gouverner ne relève pas de l’exercice d’un pouvoir. On dira que gouverner consiste en un mode d’exercice du pouvoir qui diffère du simple commandement en ce qu’il est avant tout une manière de diriger ou de « conduire la conduite » des autres. En d’autres termes, ce qui est en cause, c’est une conduction indirecte qui joue sur les ressorts de la conduite des autres, c’est-à-dire sur leurs motivations, c’est-à-dire qui incite, oriente et stimule bien davantage qu’elle ne contraint. En quatrième lieu, et par voie de conséquence, le gouvernement des autres doit conduire les autres à se conduire vis-à-vis d’eux-mêmes d’une certaine façon, c’est-à-dire faire de l’individu le foyer d’un certain type de gouvernement de soi de manière à pouvoir ensuite prendre appui sur ce gouvernement de soi afin de réaliser ses propres objectifs. En effet, puisqu’il s’agit, non pas de contraindre, mais d’amener les individus à se conduire conformément à certaines normes, on s’emploiera à produire dans l’individu lui-même un certain type de rapport à soi, précisément celui-là même qui est requis pour que l’individu devance de lui-même ce qu’on attend de lui, en se conduisant comme on souhaite qu’il se conduise. Autrement dit, on fera de l’auto-gouvernement le moyen du gouvernement des autres. La formule de la gouvernementalité actuelle, c’est très exactement le gouvernement des autres par le gouvernement de soi.
On pourrait faire valoir à bon droit qu’une formule aussi générale est celle de la gouvernementalité telle qu’elle émerge au 18e sc. en Occident et qu’elle ne suffit pas à caractériser la gouvernementalité néolibérale dans sa singularité. Il est de fait que la gouvernementalité libérale, tout particulièrement en la figure du philosophe Jeremy Bentham, avait déjà dessiné les grands traits d’une action « oblique » et « indirecte » sur les individus. Selon ce dernier, le gouvernement a sans doute peu à faire directement, il a en revanche beaucoup à faire indirectement : plutôt que de chercher à maîtriser directement la conduite des individus, il doit viser la maîtrise par chaque individu de sa propre conduite. A cette fin, il lui faut agir sur la façon dont l’individu se rapporte à son propre intérêt, étant entendu que l’intérêt constitue pour Bentham la motivation ultime et exclusive de la conduite humaine. Le problème est en effet que trop souvent l’individu calcule mal son intérêt, dans la mesure où la perception qu’il a de cet intérêt est gauchie et biaisée par son amour-propre. Or un individu qui calcule mal son intérêt est un individu qui se gouverne mal. L’action du gouvernement consistera justement à apprendre à l’individu à bien calculer et, en cela, à bien se gouverner. D’où, chez Bentham, l’importance d’un système de lois qui soit agencé de telle manière que l’individu intègre par anticipation dans son calcul tant l’espoir des récompenses promises que les risques de la sanction encourue. Indiscutablement, dans cette formule d’un gouvernement des intérêts par les intérêts, trouve à s’exprimer le souci d’un gouvernement de soi des individus.
Où se situe alors la différence entre cette forme de gouvernementalité et la gouvernementalité néolibérale à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés? Très schématiquement, on peut dire que cette nouvelle gouvernementalité opère un retournement de la question des limites de l’intervention publique telle qu’elle était posée par le libéralisme classique, Bentham compris: tandis que pour ce dernier il y a un ordre spontané des actions économiques des individus qu’il faut se garder de contrarier et dont il suffit de créer les conditions juridiques, précisément par la législation indirecte, le néolibéralisme fait de l’intervention du gouvernement le levier de la transformation de toute la société. Cette transformation consiste à étendre la logique du marché au delà du marché, à toutes les sphères de l’existence humaine. En un sens, il s’agit désormais non plus d’arrêter mais d’étendre : non plus arrêter l’action du gouvernement, mais bien plutôt la démultiplier par voie de réticulation de façon à étendre la logique du marché à l’ensemble de la société. Que faut-il entendre par « logique du marché » ? La norme qui fait exister le marché est celle de la concurrence entre les unités de production que sont les « entreprises ». L’extension de la logique du marché à tous les rapports sociaux implique par conséquent d’ériger la concurrence en norme sociale générale. Qu’on ne s’y trompe pas, cette préconisation de la concurrence n’exclut nullement que l’on célèbre en même temps les vertus de la « coopération » : sous ce terme, on entendra bien entendu, non pas une véritable mise en commun non transactionnelle, mais une alliance stratégique d’intérêts entre firmes concurrentes (sur le modèle de l’échange de savoirs réalisé il y a peu entre Siemens et Toshiba dans le domaine des technologies de pointe). C’est d’ailleurs pour signifier cette nécessité de la coopération dans le jeu de la concurrence qu’a été forgé le néologisme de « coopétition ». L’important est ici que la concurrence ne soit pas regardée comme une donnée naturelle, mais comme une norme qu’il appartient à l’Etat d’instituer et, plus encore, de faire respecter par tous agents économiques. Ceux-ci ont en effet spontanément tendance à tourner cette norme en privilégiant leurs intérêts particuliers de « producteurs » (entendre d’ « entrepreneurs »), quitte à s’entendre avec d’autres « producteurs » (par exemple sur la fixation des prix). D’où des conduites faussant le jeu de la concurrence, tout à l’inverse de bonne « coopération ». D’où la légitimation de l’intervention de l’Etat au nom de la souveraineté des « citoyens-consommateurs » : car si les unités de production ont des intérêts particuliers à défendre, les consommateurs ont un intérêt commun à la concurrence « libre et non faussée », intérêt commun dont l’Etat doit se faire le gardien[6]. Avec cette légitimation on a le principe d’un interventionnisme d’un type particulier : l’action publique doit non seulement construire le marché en édictant des règles générales, mais garantir le fonctionnement du marché une fois celui-ci créé en veillant au respect de cet « ordre-cadre » par tous les agents économiques[7].
Mais il y a plus encore. Pour s’acquitter de cette mission, l’Etat doit lui-même se transformer en « internalisant » dans son propre fonctionnement les normes du droit privé (celles qui président aux transactions marchandes et aux contrats entre entreprises). Ce qui revient à dire qu’il doit s’appliquer à lui-même ces normes et se comporter lui-même comme une entreprise. A l’intervention de création et de maintien du marché répond donc une intervention « en interne » consistant en une auto-transformation de l’Etat dans le sens d’une soumission à la logique du marché. C’est là ce qui définit en propre l’ « Etat entrepreneurial » (ce que les anglo-saxons nomment corporate state). Ce double interventionnisme a pour effet d’estomper les lignes de séparation traditionnellement reconnues (y compris par le libéralisme classique) entre l’Etat et le marché. Indubitablement, cela n’est pas sans impliquer une neutralisation pratique des catégories du droit public qui est parfaitement conforme à l’idéal d’une « société de droit privé »[8]. Cependant, cette hybridation croissante du public et du privé, qui peut aller jusqu’à la délégation au privé de la fonction de codification de certaines normes, n’entraîne pas une dissolution pure et simple de l’Etat dans le marché. Les Etats sont certes désormais invités à passer entre eux, et avec les grands acteurs privés, des « alliances stratégiques » ou des « partenariats », ce qui suffit à expliquer la vogue actuelle du thème de la « coopétition » dans le discours sur la « gouvernance mondiale ». Mais cela ne veut pas dire que l’Etat est devenu une entreprise comme les autres. Les Etats ne sont pas de simples « agences » en concurrence les unes avec les autres sur un grand marché mondial de la « sécurité », et, s’il est vrai que la concurrence entre les Etats est légitimée et encouragée, cela n’autorise nullement un Etat à procéder à des « fusions-acquisitions » d’autres Etats. Il en va de la logique profonde des transformations en cours : que l’Etat soit le vecteur de l’extension des normes du droit privé implique qu’il s’applique à lui-même ces normes, mais non qu’il soit entièrement absorbé par le marché. Cette remarque vaut tout autant pour le fonctionnement interne de l’administration publique. Il est certes des situations où le gouvernement n’hésite pas à privatiser sans détour certaines entreprises publiques, quoiqu’il soit souvent obligé d’emprunter des voies obliques (modification du statut de l’entreprise autorisant la participation de capitaux privés). Mais il lui faut souvent étendre la logique du marché à des institutions qui ne peuvent être directement « mises en marché ». Toute la question est alors de savoir quels sont les biais par lesquels cette extension peut être assurée, en dépit de la résistance prévisible des professionnels de ces institutions. C’est en ce point qu’interviennent certaines techniques de gouvernement qui relèvent de ce que l’on pourrait appeler les « disciplines néolibérales ».
Le terme même de « discipline » requiert un minimum d’explications. Selon le sens premier qu’il prend chez Michel Foucault, ce terme renvoie à un ensemble de techniques de dressage des corps individuels mises en place dans les ateliers, les prisons et les asiles dès le 17e sc. La discipline se ramenant à l’exercice d’une pure contrainte, la gouvernementalité ne pourrait que se substituer à elle sans jamais pouvoir se combiner à elle pour produire des effets de pouvoir. Mais on est fondé à donner à ce terme un sens élargi : relèvent alors de la discipline toutes les techniques qui contribuent à structurer par avance le champ d’action de l’individu. Dans cette perspective, tout procède de la construction d’un cadre institutionnel et réglementaire suffisamment contraignant pour que l’individu en vienne à choisisse de lui-même ce qu’il doit choisir dans son propre intérêt. On peut à cet égard distinguer trois aspects des disciplines néolibérales. Tout d’abord, la constitution d’un cadre intangible et inviolable, par exemple un cadre budgétaire et monétaire, de telle manière que les individus apprennent à ne jamais calculer qu’à l’intérieur de cet ordre, en excluant toute option qui se situerait en dehors de l’éventail des possibles ainsi prédéfini. On en a un bon exemple avec la politique de suppression des postes d’enseignants dans l’Education nationale : la vertu proprement disciplinante des contraintes budgétaires est en effet d’amener les enseignants à accepter une charge de travail de plus en plus lourde et de moins en moins centrée sur la transmission des connaissances[9]. Ensuite, la création du plus grand nombre possible de situations de marché. L’effet visé est d’obliger l’individu à se comporter le plus souvent possible en « homme économique », soit en sujet ayant à opérer un calcul de maximisation de son intérêt, en lieu et place de considérations morales et politiques susceptibles d’interférer fâcheusement avec ce calcul. On pourrait parler ici d’une contrainte, non certes d’une contrainte exercée directement par une volonté sur des volontés, mais d’une contrainte des situations ou des « mises en situation », contrainte qui a l’incomparable avantage de faire apparaître ce qui est construit comme une règle à laquelle il est vain de vouloir résister : on désobéit à une volonté qu’on regarde comme arbitraire, non à ce qui s’impose comme « la » réalité et qu’on ne peut pour cette même raison qu’accepter. Bref, on s’attache à naturaliser ce qui est politiquement construit pour mieux le faire accepter. Troisième aspect, des dispositifs de récompenses et de punitions, d’incitations et de « désincitations » qui remplaceront les sanctions du marché là les situations de marché ne sont pas entièrement réalisables, de manière à guider malgré tout la conduite des individus dans le sens souhaité d’un calcul maximisateur. On comprend donc que les disciplines ont toutes pour fonction de produire chez l’individu un mode spécifique de gouvernement de soi et qu’en ce sens elles participent bien de la gouvernementalité néolibérale.
Toutes ces techniques de gouvernement, qui sont au cœur du « management de la performance », autrement nommé « Nouvelle Gestion publique » et mis en œuvre dans la Révision générale des politiques publiques (RGPP), concourent à produire une certaine subjectivité en jouant en dernière analyse sur deux ressorts complémentaires : la rivalité et la peur. Premier ressort, « l’aiguillon de la concurrence », pour parler comme Marx : par la contrainte des situations de marché, que la fixation d’un cadre budgétaire rigide aide grandement à mettre en place, on s’emploiera à favoriser et à stimuler la compétition entre rivaux. La « mise en situation de marché » est en effet avant tout « mise en situation de concurrence ». On fera alors de l’aspiration à l’autonomie la motivation première: on attendra ainsi des sujets, non qu’ils se conforment passivement aux ordres de leur hiérarchie, mais qu’ils fassent de leur plein gré ce que l’on attend d’eux, sans avoir à leur rappeler continuellement ce qu’ils doivent faire et comment ils doivent le faire. Aussi le discours mettra-t-il à l’envi l’accent sur la « responsabilité » de l’individu confronté en permanence à l’illimitation d’un choix de soi-même, comme sur la nécessité pour celui-ci d’aller puiser en lui-même l’énergie lui permettant d’accomplir un travail sans fin d’optimisation de soi. C’est qu’il ne s’agit pas seulement d’obtenir de l’individu qu’il calcule ses gains et ses coûts, mais aussi qu’il travaille sur lui-même dans une sorte d’ « ascèse de la performance »[10]. L’objectif est d’amener ce dernier à fonctionner subjectivement selon le régime de la concurrence en l’ayant préalablement placé dans des situations de concurrence. Pour cela il faut que la création artificielle de ces situations ne concerne pas seulement les rapports entre des établissements (universités, hôpitaux, etc.), mais les rapports entre les services, les unités de recherche, les laboratoires ; pas seulement les rapports entre les services, les unités de recherche, les laboratoires, mais, plus encore et surtout, les rapports entre les agents individuels au sein de telles « équipes ». L’enjeu de cette constitution de situations de marché jusque dans le fonctionnement des institutions publiques est de faire intégrer à l’individu la « règle du jeu » dans son calcul d’intérêt, sous peine de tout perdre au jeu. Le désormais fameux « publish or perish » qui prévaut sur le marché de la publication scientifique ne fait que traduire à l’usage des chercheurs l’alternative « se vendre ou mourir » sur le marché du travail. Deuxième ressort, la peur d’être mal évalué par ses supérieurs hiérarchiques, peur qui ne peut manquer de nourrir chez l’individu une auto-évaluation continuelle bien souvent culpabilisante. A cette fin, on mettra en place une véritable technologie de l’évaluation très largement inspirée, jusque dans son lexique, du management des entreprises privées. On construira des systèmes de contrôle de l’efficience de la conduite dont les mesures vont conditionner l’obtention des récompenses et l’évitement des punitions. Ce sont tous les rapports entre niveaux hiérarchiques à l’intérieur de l’administration publique, tous les rapports entre les « professionnels » et les « clients » des administrations, mais, au delà et virtuellement, toutes les activités humaines, depuis la politique jusqu’à la relation thérapeutique en passant par la relation pédagogique, qui sont censés être modelés par de tels systèmes. Par là s’agit de produire l’homme « accountable », c’est-à-dire à la fois évaluable ou calculable et comptable au sens de responsable. On fait ainsi d’une pierre deux coups : le sujet qui se sent continuellement surveillé n’aura de cesse d’accroître son propre rendement et se verra ainsi contraint d’imposer à autrui, subordonné, client, patient ou élève, les « priorités » de l’entreprise. Le guichetier de La Poste aura à cœur d’augmenter les ventes de tel « produit », exactement comme le conseiller financier de n’importe quelle banque, tandis que le médecin prescrira des « actes » rentables et fera « libérer » des lits le plus rapidement possible. Il faut bien comprendre qu’il n’y a pas de contradiction entre cette obsession du contrôle, cette multiplication des calculs, cette exigence de transparence totale, et la norme de la performance et de la productivité : plus l’individu calculateur est supposé libre de choisir, plus il doit être surveillé et évalué, puisqu’il est par hypothèse entendu qu’il poursuit d’abord son intérêt personnel. Le panoptisme a ici pour fonction, tout comme chez Bentham, de remédier à la « tendance à biaiser »[11] à laquelle cède si facilement chaque individu en le forçant à conjoindre son intérêt privé avec celui de l’organisation qui l’emploie.
Le ressort de la peur est donc très différent de celui que fait jouer un régime de type totalitaire. La peur n’est pas celle qu’inspire la logique de la terreur, elle n’est jamais que le moyen de plier le sujet à l’impératif de la performance. Elle est d’autant plus nécessaire que le fonctionnement des institutions publiques n’autorise la mise en situation de marché qu’à certaines conditions et dans certaines limites. La « marchandisation » pure et simple, c’est-à-dire, si les mots ont un sens, la transformation en marchandise, donc en produit susceptible d’être directement échangeable sur un marché contre monnaie, n’est le plus souvent pas réalisable. Mais l’objectif n’est justement pas la marchandisation, il est la mise en ordre de la conduite des sujets en fonction de la norme du marché qui est la norme de la concurrence. C’est pourquoi la rationalité néolibérale privilégie alors la création de situations de marché sans véritables marchandises, ce que l’on pourrait appeler des quasi-marchés.
C’est précisément ce cadre qui assigne une place centrale à l’évaluation quantitative. Evaluer signifie donner une valeur, ce qui, dans les conditions spécifiques d’un marché, signifie donner un prix. Construire un quasi-marché implique par conséquent de définir une quasi-monnaie. En d’autres termes, il faut un instrument de mesure de la valeur des productions de l’activité des sujets et de la valeur de l’activité elle-même. Il faut disposer d’un système d’information qui soit l’analogue de ce qu’est un système de prix pour un marché. Ce système peut être parfaitement absurde, comme on s’en convainc aisément en considérant, par exemple, le nombre d’articles parus dans des revues scientifiques à comité de lecture, le nombre de citations, le nombre de contraventions par commissariat, le nombre de reçus au brevet des écoles, le nombre d’élèves réussissant en CM2 à tel exercice, le nombre de chômeurs ayant retrouvé un emploi, etc. Le problème n’est absolument pas de savoir si ce qui est mesuré renvoie à quelque chose comme une « utilité sociale » (à ce que l’économie politique classique appelait une « valeur d’usage »), ce qui seul importe c’est le caractère autoréférentiel du système des signes ou des signaux mis en place : il faut qu’ils ne renvoient pas au « sens » d’une activité, mais qu’ils renvoient indéfiniment à eux-mêmes pour inciter les individus à acquérir et à accumuler le plus grand nombre possible d’unités de compte.
Voilà également qui permet d’expliquer que l’intégration de la logique du marché par l’administration publique s’accompagne d’une bureaucratisation et d’une technocratisation accrues. Non seulement parce que des commissions d’experts sont requises pour mettre au point ces systèmes de mesure et pour les faire fonctionner. Mais aussi parce que l’exigence d’une continuité absolument parfaite dans l’évaluation implique de construire ce que le rapport Silicani sur la réforme de la fonction publique appelle une « chaîne managériale » du sommet à la base, du plus en vue des ministres jusqu’au plus humble des agents publics. L’idée selon laquelle l’action des ministres doit désormais relever de la logique de l’audit ne prend tout son sens qu’une fois inscrite dans cette perspective. C’est paradoxalement la logique même de l’Etat entrepreneurial qui commande cette stricte hiérarchisation des niveaux de contrôle et de décision. La réforme des universités comme celle des hôpitaux l’ont bien mis en évidence : chaque fois que l’on cherche à réformer l’administration en fonction de la logique du marché, on commence par rompre avec le principe de collégialité pour concentrer les pouvoirs de décision et de contrôle entre les mains d’un « manager » qui soit si possible lui-même responsable devant l’exécutif (rappelons à cet égard que le projet initial sur la réforme de l’hôpital concentrait les pouvoirs entre les mains des directeurs hospitaliers, eux-mêmes nommés, pour les CHU, par le Conseil des ministres) . C’est également cette transformation managériale de l’action publique qui commande la suprématie directe de l’exécutif sur tous les autres pouvoirs, et non la tentation d’une personne à l’ « autoritarisme ». Qu’il s’agisse de fixer une limite horaire à la délibération du législatif ou de substituer au juge d’instruction indépendant un juge dépendant du Parquet, c’est toujours le même resserrement autour de l’exécutif qui est à l’œuvre. La raison en est très simple : l’exécutif est devenu le premier vecteur de la pénétration des normes du droit privé à l’intérieur de la sphère publique, quelque chose comme le garant ultime de leur application, de telle sorte qu’il joue, vis-à-vis des autres pouvoirs de l’Etat comme vis-à-vis des dirigeants des entreprises publiques, un rôle analogue à celui tenu par l’actionnaire vis-à-vis des dirigeants des entreprises privées. En conséquence, le rôle dévolu au citoyen n’est plus qu’un rôle d’arbitrage et de contrôle par en bas de la bonne application de ces nouvelles normes de productivité et de rentabilité à l’Etat et à ses agents. Le citoyen arbitre, c’est le citoyen consommateur des services publics, promu en cette qualité au rang de juge de la performance des agents de ces services. Du président actionnaire au citoyen consommateur la boucle est d’autant plus bouclée que le régime subjectif auquel le dit « citoyen » doit fonctionner est celui de la concurrence.
Tel est bien en définitive le déploiement de la rationalité néolibérale : transformer l’Etat pour mieux transformer toutes les relations sociales, lui faire intégrer la logique du marché pour mieux faire de lui le vecteur de l’extension de la logique du marché à la société tout entière.

Pierre Dardot

[1] Cette école, née à l’université de Virginie au milieu des années 60, et dont les principaux théoriciens furent James Buchanan et Gordon Tullock, a innové en appliquant la théorie économique au fonctionnement de l’Etat et en élaborant ainsi le concept d’un « marché politique ».
[2] Pour les éclaircissements qui suivent, on se reportera à Michel Foucault, Sécurité, territoire, population, Gallimard Seuil, p. 124-127.
[3] Ibid., p. 127.
[4] En grec un même verbe, archein, signifie tout à la fois « gouverner » et « commander ».
[5] Platon, Le Politique, 260 e.
[6] Cette idée d’un « intérêt constitutionnel commun » des consommateurs à l’ordre de concurrence est au fondement de l’ordolibéralisme allemand et, par ce biais, au cœur de la construction européenne.
[7] Rappelons que dans La Grande Transformation Karl Polanyi avait su distinguer, outre les interventions de « protection de la société », les interventions de création du marché et les interventions de maintien et de fonctionnement du marché.
[8] Selon la forte expression de l’ordolibéral allemand Franz Böhm (1966), reprise par Hayek.
[9] On lira sur ce point la contribution de Christian Laval dans ce même ouvrage.
[10] L’expression d’ « ascèse de la performance » est due à E. Pezet : cf. Management et conduite de soi, enquête sur les ascèses de la performance, Vuibert, Paris, 2007.
[11] Bentham parle très précisément de la « tendency of bias » pour désigner la manière dont l’amour-propre conduit un individu à se faire lui-même illusion sur le véritable motif de son acte.

lundi 28 décembre 2009

Pétition : Solidarité avec les travailleurs-euses « sans-papiers » en grève pour la régularisation de tous-toutes.

Solidarité avec les travailleurs-euses « sans-papiers » en grève



Pétition : Solidarité avec les travailleurs-euses « sans-papiers » en grève pour la régularisation de tous-toutes.*
IL FAUT UNE CIRCULAIRE DE RÉGULARISATION !

Dans le prolongement du mouvement engagé le 15 avril 2008, 3000 travailleurs-euses sans papiers du nettoyage, de la sécurité, de la restauration, de la construction, de l’intérim… sont en grève depuis le 12 octobre 2009 sur leur lieu de travail ou sur leur secteur d’activité (siège de fédération patronale ou grande entreprise), pour gagner leur régularisation administrative et l’amélioration de leurs conditions de travail.
Ces travailleurs-euses sont nombreux et indispensables dans certains secteurs de notre économie (bâtiment, travaux publics, nettoyage, sécurité, restauration, intérim, aide à la personne, agro-alimentaire, confection…). La plupart paient des impôts, cotisent (retraites, maladie, chômage...). Ils ne prennent le travail de personne et bien souvent l’exercent dans des conditions particulièrement pénibles, parce que sans droits.
La CGT, la CFDT, L’Union syndicale Solidaires, la FSU, l’UNSA, la Ligue des Droits de l’Homme, la Cimade, le Réseau Education Sans Frontières, Femmes Egalité, Autremonde et Droits Devant se sont adressés par courrier au Premier ministre, le 1er octobre 2009, pour demander une circulaire ministérielle afin de permettre la régularisation de tous ces salarié(e)s !

Je soutiens cette demande des organisations syndicales et des associations


Organisations ayant signé l'appel;
La voix des cultures kremlin-bicetre , A.C.T.I.F (Accompagnement conseil a tous les immigrés et leurs familles), ACORT (L'assemblée citoyenne des originaires de turquie), ACTION CONSOMMATION, ALTERNATIVE LIBERTAIRE, ASDHOM (Association de défense des droits de l'homme au maroc), ASSOCIATION BALLON ROUGE, ASSOUEVAM (Association de soutien aux étrangers du val de marne), ASTI 93 (Clichy/bois -montfermeil), ASTI DE LA ROCHE-SUR-YON (Associations de soutien aux travailleurs immigrés), ATMF (Association des travailleurs maghrebins de france), ATTAC, AUTREMONDE, BELLACIAO, CEDETIM, CEFED27 (Collectif étrangers - français pour l'egalité des droits), CFDT, CGT, CGT DU SERVICE à LA PERSONNE PARIS, CGT-EDUC'ACTION CRETEIL, CIMADE, CIVCR (Collectif ivryen de vigilance contre le racisme et pour l'aide aux sans papiers), COLLECTIF DE VIGILANCE PARIS XII SUR LES DROITS DES ETRANGERS (Resf), COLLECTIF HAITI DE FRANCE, CONVERGENCE DES CULTURES, COORDINATION 93 DE LUTTE POUR LES SANS-PAPIERS, CRI (Coordination contre le racisme et l'islamophobie), DROITS DEVANT !!, F.A.S.E (Fédération pour une alternative sociale et ecologique), FAL (France amérique latine), FEMMES EGALITE, FRANCE AMERIQUE LATINE MARSEILLE, FSU (Fédération syndicale unitaire), FSU 94, FTCR (Fédération des tunisiens pour une citoyenneté des deux rives), GROUPE NON-VIOLENT LOUIS LECOIN - DUNKERQUE, GU (Gauche unitaire), LA RIPOSTE, LDH (Ligue des droits de l'homme), LDH 75 (Fédération de paris de la ldh), LES ALTERNATIFS, LES VERTS - GROUPE DES JALLES, MAN NANCY (Mouvement pour une alternative non-violente, groupe de nancy), MRAP, MRAP 93, NAJE (Compagnie nous n'abandonnerons jamais l'espoir), NOUS PAS BOUGER, NPA (Nouveau parti anticapitaliste), NPA (Comit� loire nord), PANTHERES ROSES, PCF (Parti communiste français), PCOF (Parti communiste des ouvriers de france), PG (Parti de gauche), PG 58 (Parti de gauche de la nièvre), RESF, RESPAIX, ROUGE VIF 13, SNADGI-CGT SARTHE, SNADGI-CGT SARTHE 72 (Impots ), SNES-FSU 94, SNESUP-FSU, SNRT-CGT DE RADIO FRANCE, SOLIDAIRES, SOLIDAIRES SUD EMPLOI MIDI PYRENEES, SOLIDARITE MIGRANTS, SUD EDUCATION, SUD éDUCATION AIN, UD CGT DE PARIS, UL CGT AUXERRE, UL CGT DE LA DEFENSE, UL CGT DE MASSY, UNION (Union d'associations latino-américaines en france), UNION PACIFISTE DE FRANCE, UNL (Union nationale lycéenne), UNSA, USI-CGT (Union syndicale de l'intérim cgt)

vendredi 4 décembre 2009

«Nous exigeons la suppression du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration»

APPEL
«Libé» publie l’appel de vingt chercheurs «contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation».http://www.liberation.fr/societe/0101606559-nous-exigeons-la-suppression-du-ministere-de-l-identite-nationale-et-de-l-immigration

«Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l’Immigration et de "l’Identité nationale" a introduit dans notre pays un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l’étranger - et par ricochet, quiconque a l’air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d’Afrique, et leurs descendants, sont séparés d’un «nous» national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.

«Qu’a fait naître ce ministère? De nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité…

«Dans cette fissure de la République se sont engouffrés nos dirigeants. Par des propos inadmissibles dans une démocratie, banalisés et désormais quotidiens, ils légitiment tous les comportements et les paroles de rejet, de violence, et de repli sur soi. Nous ne sommes pas ici face à des "dérapages" individuels. En réalité, ces propos sont la conséquence logique d’une politique que le gouvernement souhaite encore amplifier sous le couvert d’un "débat" sur l’identité nationale. Nous sommes ainsi appelés à devenir coauteurs et coresponsables du contrôle identitaire sur la France.

«La circulaire ministérielle adressée aux préfectures pour encadrer le débat lance une interrogation : "Pourquoi la question de l’identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ?" La réponse est simple. Nous ne pouvons pas accepter que le regard inquisiteur d’un pouvoir identitaire puisse planer, en s’autorisant de nous, sur la vie et les gestes de chacun.

«C’est pourquoi il est temps aujourd’hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République.

«Nous appelons donc les habitants, les associations, les partis et les candidats aux futures élections à exiger avec nous la suppression de ce "ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration", car il met en danger la démocratie.»

Signataires: Michel Agier (anthropologue, EHESS et IRD), Etienne Balibar (philosophe, université Paris-X et university of California), Marie-Claude Blanc-Chaléard (historienne, université Paris-X) Luc Boltanski (sociologue, EHESS), Marcel Detienne (historien, EPHE et université Johns Hopkins), Eric Fassin (sociologue, ENS), Michel Feher (philosophe, Paris), Françoise Héritier (anthropologue, Collège de France), Daniel Kunth (astrophysicien, CNRS), Laurent Mucchielli (sociologue, CNRS), Pap Ndiaye (historien, EHESS), Gérard Noiriel (historien, EHESS), Mathieu Potte-Bonneville (philosophe, Collège international de philosophie), Richard Rechtman (psychiatre, Institut Marcel Rivière, CHS la Verrière) Serge Slama (juriste, université d’Evry), Emmanuel Terray (anthropologue, EHESS), Tzvetan Todorov (historien, CNRS), Paul Virilio (urbaniste, Ecole spéciale d’architecture de Paris), Sophie Wahnich (historienne, CNRS), Patrick Weil (historien, CNRS).

«Nous exigeons la suppression du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration»

APPEL
«Libé» publie l’appel de vingt chercheurs «contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation».

«Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l’Immigration et de "l’Identité nationale" a introduit dans notre pays un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l’étranger - et par ricochet, quiconque a l’air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d’Afrique, et leurs descendants, sont séparés d’un «nous» national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.

«Qu’a fait naître ce ministère? De nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité…

«Dans cette fissure de la République se sont engouffrés nos dirigeants. Par des propos inadmissibles dans une démocratie, banalisés et désormais quotidiens, ils légitiment tous les comportements et les paroles de rejet, de violence, et de repli sur soi. Nous ne sommes pas ici face à des "dérapages" individuels. En réalité, ces propos sont la conséquence logique d’une politique que le gouvernement souhaite encore amplifier sous le couvert d’un "débat" sur l’identité nationale. Nous sommes ainsi appelés à devenir coauteurs et coresponsables du contrôle identitaire sur la France.

«La circulaire ministérielle adressée aux préfectures pour encadrer le débat lance une interrogation : "Pourquoi la question de l’identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ?" La réponse est simple. Nous ne pouvons pas accepter que le regard inquisiteur d’un pouvoir identitaire puisse planer, en s’autorisant de nous, sur la vie et les gestes de chacun.

«C’est pourquoi il est temps aujourd’hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République.

«Nous appelons donc les habitants, les associations, les partis et les candidats aux futures élections à exiger avec nous la suppression de ce "ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration", car il met en danger la démocratie.»

Signataires: Michel Agier (anthropologue, EHESS et IRD), Etienne Balibar (philosophe, université Paris-X et university of California), Marie-Claude Blanc-Chaléard (historienne, université Paris-X) Luc Boltanski (sociologue, EHESS), Marcel Detienne (historien, EPHE et université Johns Hopkins), Eric Fassin (sociologue, ENS), Michel Feher (philosophe, Paris), Françoise Héritier (anthropologue, Collège de France), Daniel Kunth (astrophysicien, CNRS), Laurent Mucchielli (sociologue, CNRS), Pap Ndiaye (historien, EHESS), Gérard Noiriel (historien, EHESS), Mathieu Potte-Bonneville (philosophe, Collège international de philosophie), Richard Rechtman (psychiatre, Institut Marcel Rivière, CHS la Verrière) Serge Slama (juriste, université d’Evry), Emmanuel Terray (anthropologue, EHESS), Tzvetan Todorov (historien, CNRS), Paul Virilio (urbaniste, Ecole spéciale d’architecture de Paris), Sophie Wahnich (historienne, CNRS), Patrick Weil (historien, CNRS).

jeudi 3 décembre 2009

Identité nationale. Nous ne débattrons pas

Mediapart lance avec plusieurs dizaines de personnalités un appel à refuser le «grand débat sur l'identité nationale» organisé par le pouvoir. Nous souhaitons que cet appel soit à l'origine d'une grande pétition citoyenne qui suscite un vaste rassemblement.
Vous pouvez en cliquant ici le signer en ligne.




Nous ne débattrons pas

Par principe, nous sommes favorables au débat. A sa liberté, à sa pluralité, à son utilité. C'est pourquoi nous refusons le « grand débat sur l'identité nationale » organisé par le pouvoir : parce qu'il n'est ni libre, ni pluraliste, ni utile.

Il n'est pas libre car c'est le gouvernement qui le met en scène, qui pose les questions et qui contrôle les réponses. Il n'est pas pluraliste car sa formulation réduit d'emblée notre diversité nationale à une identité unique. Il n'est pas utile car cette manœuvre de diversion est une machine de division entre les Français et de stigmatisation envers les étrangers.

Affaire publique, la nation ne relève pas de l'identité, affaire privée. Accepter que l'Etat entende définir à notre place ce qui nous appartient, dans la variété de nos itinéraires, de nos expériences et de nos appartenances, c'est ouvrir la porte à l'arbitraire, à l'autoritarisme et à la soumission.

mercredi 2 décembre 2009

Le trou de la sécu ? Logique

Pour combler le déficit de la sécu, nos chers gouvernants ont trouvé que, le mieux, c'était encore de nous faire payer...

a Sur une consultation médicale, nous versons 1 euro

b Sur chaque boîte de médicaments achetée, nous versons 50 centimes
d'euro

c Nous sommes restreints lors de nos arrêts maladie ...

d Nous devons consulter un généraliste avant de voir un spécialiste ...

e Pour tout traitement de plus de 91 euros, nous en sommes de 18 euros de notre poche

f etc.

Toutes ces mesures sont destinées à combler le fameux trou, qui est, à ce jour, de 11 milliards.

Or, savez-vous ? que :

a Une partie des taxes sur le tabac, destinée à la Sécu, n'est pas
reversée (7,8 milliards)

b Une partie des taxes sur l'alcool, destinée à la Sécu, n'est pas
reversée (3,5 milliards)

c Une partie des primes d'assurances automobiles destinée à la Sécu,
n'est pas reversée ( 1,6 milliards)

d La taxe sur les industries polluantes, destinée à la Sécu, n'est
pas reversée (1,2 milliards)

e La part de TVA destinée à la Sécu n'est pas reversée (2,0 milliards)

f Retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés (2,1 milliards)

g Retard de paiement par les entreprises (1,9 milliard)


En faisant une bête addition, on arrive au chiffre de 20 milliards
d'euros.

Conclusion : si les responsables de la Sécu et nos gouvernants
avaient fait leur boulot efficacement et surtout honnêtement, les
prétendus 11 milliards de trou seraient aujourd'hui 9 milliards
d'excédent. Ces chiffres sont issus du rapport des comptes de la Sécu.

Faites circuler ce message. À force de tourner, il arrivera peut-être
un jour sur le bureau d'une tête pensante censée passer son temps à
gérer l'argent des contribuables.

Si les pouvoirs publics étaient vraiment convaincus qu'il nous faut
consommer 5 fruits et légumes par jour pour sauver notre santé et donc
l'assurance maladie, ils supprimeraient la TVA sur ces produits !

Cordialement.

Evelyne DUBIN
Secrétaire Générale Adjointe au Directeur Général
INDL - Institut National du Développement Local
47901 AGEN

2 décembre 2009 Sommet de Copenhague sur le Climat : Espoir ou désillusion ?

Le comité Urgence Climatique - Justice Sociale (UCJS) de Montreuil

vous invite le mercredi 2 décembre 2009, à partir de 20h
à une rencontre-débat avec Pierre Radanne (négociateur à Copenhague)
et des représentants du comité UCJS national

adresse : Théâtre Maria Casarès, 63 rue Victor Hugo, 93100 Montreuil

thème de la soirée Sommet de Copenhague sur le Climat : Espoir ou désillusion ?

lundi 23 novembre 2009

Élections régionales : quelle politique unitaire ?

Face à la politique de la droite, l’unité doit être sans concessions vis-à-vis de la gauche de gestion et de renoncement, incarnée par le PS et Europe Écologie.

Tout au long de ces derniers mois, le NPA a mené une politique unitaire offensive, et c’est lui qui a été à l’origine de la première réunion unitaire. Il ne s’agit pas d’une quelconque posture visant à démontrer on ne sait quoi, mais bien de la compréhension qu’une telle politique est une nécessité profonde et durable.

Dans une situation marquée tout à la fois par la crise globale du capitalisme, une politique brutale de la droite sur le terrain social comme sur les questions des droits démocratiques et la démission des forces traditionnelles du mouvement ouvrier syndical et politique, il importe d’apporter des réponses à la hauteur des enjeux. Il s’agit pour nous de mener un combat frontal contre la politique du gouvernement dans l’indépendance politique vis-à-vis de la gauche de renoncement et d’adaptation au système incarnée par le PS ou Europe écologie.

Mais l’unité s’entend pour nous avec un contenu. Pour ces élections, il nous faut de manière indissociable lier un positionnement anti-crise et anti-droite, la défense sur les terrains programmatique et stratégique d’une orientation clairement alternative à la gestion socialiste des régions.

Du côté du PCF, la position est claire, pas d’accord possible avec le NPA. Les multiples déclarations de ses dirigeants ne laissent aucune ambiguïté sur le sujet et c’est pour des raisons politiques de fond que le Parti communiste nous évince aujourd’hui du cadre unitaire. Le préalable mis par ce parti, la gestion commune des régions avec le Parti socialiste, est inacceptable pour le NPA.



Ce n’est pas une coquetterie de notre part vis-à-vis d’un PS abstrait, mais l’appréciation du cours de ce parti, des politiques qu’il défend. C’est peu dire que nous sommes en désaccord avec le bilan de la gestion socialiste dans vingt régions. Il s’agit par exemple des multiples subventions publiques à des grands groupes privés ou le financement de la formation professionnelle contrôlée par le Medef, pour ne prendre que ces deux exemples. La cerise sur le gâteau, c’est l’évolution même des débats au sein du PS avec la perspective de nombreuses alliances avec le Modem au deuxième tour des élections régionales.

Là encore, il ne s’agit pas d’un procès d’intention, mais d’une politique d’ores et déjà annoncée par de nombreux présidents socialistes sortants. Pour notre part, nous avons la volonté d’appliquer les points essentiels de notre programme, pas de faire le contraire de ce pourquoi nous sollicitons les suffrages des électeurs. C’est aussi avec cette vieille pratique qu’il faut rompre, si l’on souhaite réellement susciter un renouveau à gauche. Le PCF participe à la gestion de seize régions et entend continuer, voire étendre cette politique. Il l’a dit et redit avec une belle constance. Ce n’est pas, ce ne sera pas notre orientation. Fondamentalement, c’est pour cette raison que depuis deux mois, le PC a refusé toute discussion programmatique. Et il y a bien évidemment un lien entre programme et stratégie : ou bien défendre une politique de rupture avec le système, ou bien un programme «socialo-compatible», il n’y a pas moyen de ruser, car pendant la campagne électorale, la gestion va continuer. Dans le cours même de la discussion, nous avons essayé de lever les obstacles à un rassemblement de l’ensemble de la gauche antilibérale et anticapitaliste à ces élections. Certains auront même trouvé que nous sommes allés trop loin dans les concessions. Mais parce que nous souhaitons réellement l’unité, nous avons modifié nos positions en cherchant des compromis (*). Il n’est en revanche pas possible d’accepter l’oukaze du PCF. Ce dernier porte donc la responsabilité du processus d’éclatement du cadre unitaire.

Pour ces raisons, disons-le clairement, les possibilités d’un accord national sont aujourd’hui réduites. Mais que ce soit au niveau national ou dans les régions, le NPA, dans les semaines qui viennent, poursuivra les discussions en cherchant à rassembler toutes les forces disponibles pour une telle politique. Ni adaptation au cadre proposé par la direction du PCF ni satisfaction d’un repli solitaire, qui ne constitue pas notre politique. Voilà les deux écueils qu’il faut éviter.



Voici la proposition que le NPA a faite lors de la réunion du 16 novembre où le Front de Gauche n’est pas venu : "La possibilité de participer aux exécutifs régionaux dépend donc des rapports de force politiques et sociaux qui conditionnent la politique qui pourrait y être réellement mise en œuvre. Nous avons la volonté d’appliquer les points essentiels de notre programme, pas de faire le contraire de ce pourquoi nous sollicitons les suffrages des électeurs. Nous refuserons donc de participer à un exécutif dominé par le PS ou Europe Ecologie qui mènerait une politique libérale conforme aux exigences du patronat et de l’Union Européenne. Nous refuserons bien évidemment toute alliance avec le Modem ou une quelconque organisation de droite. Notre campagne, comme notre politique si nous sommes élus, n’ont pas d’autre objectif que de permettre aux travailleurs et aux classes populaires d’imposer leurs exigences contre la politique du patronat et de la droite, de porter ces exigences. Dans le cadre des mesures d’urgences contre la politiques des classes dirigeantes face à leur propre crise, nous proposons quelques mesures de rupture, sur lesquelles nous ferons campagne et que nous sommes prêts à porter dans les conseils régionaux en aidant les mobilisations et en nous appuyant sur elles :
les transports gratuits et 100 % publics,
le refus des subventions au patronat et la récupération des aides versées aux entreprises qui licencient,
un service public de la formation professionnelle et l’arrêt du financement de la formation contrôlée par le Medef, -
l’arrêt des fonds publics pour les lycées privés, le refus de la précarité pour les personnels des régions… C’est sur ces points clés programmatiques que s’établit notre stratégie dans les conseils régionaux . Notre campagne comme la politique de nos élus viseront à créer les conditions de leur mise en oeuvre."

Il est tout de même significatif qu’au plan national, personne ne veuille de cette formulation qui représente de la part du NPA une concession de taille. La raison de fond, c’est que le PCF a justement une longue tradition de gestion conforme aux exigences du patronat et de l’UE. Il a participé de nombreuses fois à des gouvernements dominés par les socialistes, que ce soit à la tête de l’Etat ou, actuellement, dans 16 des 22 régions. Il ne veut ainsi rien écrire qui l’empêche de continuer. Pourquoi les autres partenaires n’osent refuser cela ? C’est bien dommage. Considérant qu’il n’était en fait pas invité à une réunion excluant explicitement d’un point de vue "stratégique" sa démarche concernant les exécutifs de région, le NPA n’était pas présent à la réunion du 18 novembre convoquée par le Front de Gauche.

Guillaume Liégard
dimanche 22 novembre 2009

samedi 14 novembre 2009

Signez et faites signer la pétition - Ni nucléaire, ni effet de serre

Signez et faites signer la pétition
"Don't nuke the climate ! - Ni nucléaire, ni effet de serre"

Déjà 23 000 signatures, c'est bien... Aidez-nous à faire plus !

Dans un mois, le samedi 12 décembre, aura lieu partout en France l'action "Barrons la route au nucléaire !" à l'occasion de la journée internationale d'action "Don't nuke the climate !". Cette journée s'inscrit dans le cadre de la grande campagne internationale "Don't nuke the climate ! - Ni nucléaire, ni effet de serre", qui rassemble plus de 300 organisations dans 42 pays.

Depuis 1 mois et demi, plus de 23 000 personnes ont signé la pétition "Don't nuke the climate ! - Ni nucléaire, ni effet de serre".

Pour faire pression sur les décideurs, manifestons massivement notre opposition au nucléaire.
A 30 jours du 12 décembre, aidez-nous à renforcer la dynamique et à augmenter le nombre de signatures !

Avec nous, contribuez à la lutte pour le climat et pour un monde sans nucléaire :

1) Signez la pétition, si ce n'est déjà fait :
http://www.dont-nuke-the-climate.org/spip.php?page=petition&lang=fr

2) Informez tous vos contacts (proches, ami-e-s, collègues, ...) et incitez-les à signer eux aussi la pétition ! Envoyez-leur le petit message incitatif qui apparaît à la fin de ce courriel.

3) Informez aussi vos contacts à l'étranger ! Cette campagne est internationale, la pétition est disponible en 10 langues sur le site web. Envoyez à vos contacts non-francophones le petit message incitatif qui apparaît à la fin de ce courriel, dans l'une des 9 langues disponibles (outre le français).

4) Commandez gratuitement des exemplaires du dépliant "Don't nuke the climate ! - Ni nucléaire, ni effet de serre", qui inclut 2 cartes-pétition à signer et à nous renvoyer. Pour en commander gratuitement un lot, utilisez le formulaire suivant : http://www.dont-nuke-the-climate.org/spip.php?page=commande&lang=fr

5) Organisez ou participez à une action "Barrons la route au nucléaire" le samedi 12 décembre, dans le cadre de la journée internationale "Don't nuke the climate !" :
http://www.dont-nuke-the-climate.org/spip.php?rubrique19

6) Faites un don en ligne pour la campagne "Don't nuke the climate ! - Ni nucléaire, ni effet de serre", qui ne bénéficie d'aucune subvention : http://www.dont-nuke-the-climate.org/spip.php?page=soutien&lang=fr

Je vous remercie chaleureusement pour votre participation et votre soutien !

Très cordialement,
Philippe Brousse - Directeur du Réseau "Sortir du nucléaire"


--- Message à diffuser à vos contacts --- Disponible en 10 langues ----

Français :

Je viens de participer à la campagne internationale "Don't nuke the climate! - Ni nucléaire, ni effet de serre".
Je vous invite à y participer vous aussi, pour soutenir la lutte contre le changement climatique et pour un monde sans nucléaire.
Signez la pétition et envoyez votre photo sur le site : http://www.dont-nuke-the-climate.org

Anglais - English :

I have joined the international campaign 'Don't nuke the climate!'.
Will you join me in the fight against climate change and for a nuclear-free world by taking part in the campaign?
Sign the petition and send you photo on this site: http://www.dont-nuke-the-climate.org

Allemand - Deustch :

Ich habe soeben an der internationalen Kampagne 'Don't nuke the climate ! - Verstrahlt das Klima nicht!' teilgenommen.
Ich möchte dir vorschlagen, ebenfalls an der Kampagne teilzunehmen, um den Kampf gegen den Klimawandel und für eine Welt ohne Kernenergie zu unterstützen.
Unterzeichne die Petition auf der Website: http://www.dont-nuke-the-climate.org

Espagnol - Español :

Acabo de participar en la campaña internacional 'Don't nuke the climate ! - Ni energía nuclear, ni calentamiento global'.
Te animo a participar también, para apoyar la lucha contra el cambio climático y por un mundo sin energía nuclear.
Firma la petición y envía tu foto desde esta página: http://www.dont-nuke-the-climate.org

Esperanto :

Mi ĵus partoprenis la internacian kampanjon 'Don't nuke the climate ! - Ne nukleigu la klimaton'.
Mi invitas vin ankaŭ partopreni ĝin por subteni la batalon kontraŭ la klimatŝanĝiĝon kaj por sennukleaĵa mondo.
Subskribu nian peticion kaj sendu vian foton en la retejo: http://www.dont-nuke-the-climate.org

Italien - Italiano :

Ho appena partecipato alla campagna internazionale 'Don't nuke the climate! - Né nucleare né effetto serra!'.
Ti invito a partecipare, per sostenere la lotta contro i cambiamenti climatici e per un mondo senza nucleare.
Firma la petizione e invia la tua foto sul sito: http://www.dont-nuke-the-climate.org

Japonais - 日本語 :

Don't nuke the climate !の国際キャンペーンに参加したばかりです。
気候変動と核のない世界のために、あなたにもぜひ国際キャンペーンに参加してもらいたいのです。
請願に署名して、このサイトにあなたの写真を送ってください。http://www.dont-nuke-the-climate.org

Portugais - Português :

Acabei de participar na campanha internacional 'Don't nuke the climate! - Nem nuclear, nem efeito de estufa!'.
Participe você também nela, a fim de apoiar a luta contra as alterações climáticas e por um planeta sem nuclear.
Assine a petição e envie a sua foto para: http://www.dont-nuke-the-climate.org

Russe - русский :

Я принял участие в международной общественной кампании 'Don't nuke the climate! - Откажемся от АЭС — спасём климат!'.
Приглашаю и вас принять в ней участие, чтобы поддержать борьбу с изменениями климата за мир без атомной энергии.
Подпишите петицию и пришлите вашу фотографию на сайте: http://www.dont-nuke-the-climate.org

Turc - Türkçe :

'Don't nuke the climate! - Ne nükleer, ne de iklim değişikliği!' başlıklı uluslararası kampanyaya katılmış bulunuyorum.
İklim değişikliğine karşı ve nükleerden arındırılmış bir dünya uğruna verilen mücadeleyi desteklemek için, sizleri de bu kampanyaya katılmaya davet ediyorum.
İmza kampanyasına katılın ve fotoğrafınızı http://www.dont-nuke-the-climate.org adresine gönderin

--
Réseau "Sortir du nucléaire"
Fédération de 840 associations,
agréée pour la protection de l’environnement
9 rue Dumenge, 69317 Lyon Cedex 04 - France
Tél : 04 78 28 29 22 - Fax : 04 72 07 70 04
http://www.sortirdunucleaire.fr

jeudi 12 novembre 2009

Cohérence pour les élections régionales

Question de cohérence ...

Chaque jour, l’envie de chasser Sarkozy grandit. Pour y parvenir, on veut nous vendre une solution «pragmatique», celle d’une alliance rose/orange/verte rendue possible par la dérive du PS vers la droite.

Le NPA propose une autre voie. Il œuvre à l’unité la plus large dans les luttes et les mobilisations. Pour les régionales à venir, il propose l’unité de la gauche antilibérale et anticapitaliste sur la base de mesures d’urgence sociales et écologiques inédites. Souvent à son initiative, les réunions unitaires au plan national et dans les régions se multiplient. Rien n’est encore joué.

Les dirigeants du PCF multiplient les déclarations hostiles au NPA, accusé de ne pas vouloir mettre «les mains dans le cambouis». L’accusation vise à masquer la vraie divergence.

Le fossé qui sépare les programmes du PS et celui d’une gauche digne de ce nom justifie la présentation de listes séparées de celle des socialistes partout. Mais à quoi bon se rassembler dans une campagne électorale de façon indépendante du PS si c’est pour se faire satelliser pendant les cinq ans qui suivent dans les parlements régionaux ? À quoi bon défendre la mobilisation des fonds publics pour satisfaire les besoins sociaux et les mesures écologiques, si c’est pour voter ensuite des budgets qui dilapident l’argent public en cadeaux au patronat licencieur et aux lycées privés ? Les politiques d’union de la gauche sous direction socialiste ont souvent été expérimentées à toutes les échelles, sans que cela améliore le sort des populations.

En 2004, la gauche remportait les élections dans 20 régions sur 22 et annonçait qu’elles constitueraient un bouclier pour protéger les populations contre les méfaits du gouvernement de droite. Malgré la participation du PCF, il n’en a rien été. Prendre nos responsabilités pour appliquer un programme radical si nous avons le rapport de force, oui.

Accepter de cautionner dans les institutions l’inverse de ce pourquoi nous nous battons tous les jours, non. C’est une question de cohérence.

Frédéric Borras NPA

lundi 9 novembre 2009

Exigeons la libération du Franco-Palestinien Salah Hamouri

François CLUZET Parle de Salah HAMOURI

http://www.dailymotion.com/video/xb30qi_francois-cluzet-parle-de-salah-ham_news

lundi 2 novembre 2009

Référendum pour la Poste

Envoyez une carte postale au président de la République POUR LUI FAIRE ENTENDRE RAISON

Envoyer la carte postale -


http://www.referendumpourlaposte.rezisti.org/
Référendum pour la PosteEnvoyez une carte postale au président de la République

Envoyer la carte postale -


http://www.referendumpourlaposte.rezisti.org/

vendredi 30 octobre 2009

MOBILISATION A L’ORGANISATION INTERNATIONALE DU TRAVAIL (OIT)


Contre le racket sur les cotisations des travailleur-e-s sans-papiers
Contre la surexploitation des sans-papiers contraints au travail dissimulé


La majorité des 400 000 sans-papiers de France sont des travailleurs-e-s déclaré-e-s en CDI, CDD ou intérim renouvelé. Ils et elles paient impôts et cotisations sociales sans pouvoir bénéficier des droits et des prestations qui y sont attachés (retraite, chômage, citoyenneté...). Ce racket sur les travailleur-e-s sans-papiers permet à l’Etat français d’encaisser sur leur dos environ 2 milliards d’euros par an, sans jamais rien décaisser.

Les autres sans-papiers, par dizaines de milliers (notamment les femmes, les Algériens…) sont contraints au travail dissimulé (dit « au noir »), permettant à bon nombre de patrons de surexploiter ces esclaves modernes, dociles et flexibles à merci, sans verser de cotisations à l’URSSAF.

Quand ces travailleurs-e-s sont expulsé-e-s, ils se retrouvent privés de toute ressource dans leurs pays d’origine. De plus, rappelons que l’argent envoyé dans ces pays par les immigrés, avec ou sans-papiers, représente trois fois l’aide financière distribuée par les gouvernements des pays riches du Nord aux pays pauvres du Sud. Ces expulsions pèsent très lourdement sur le développe-ment de ces pays.

Toutes et tous ces travailleurs sans-papiers constituent un réservoir de main d’œuvre inépuisable, utilisée sans relâche pour une mise en compétition avec les salariés des pays dits d’accueil, afin de saper les droits et les acquis sociaux de ces derniers.

Dans un rapport de 2004, l’OIT déclare que « les migrations réduisent les pénuries de main-d’œuvre des pays riches et contribuent au développement des pays d’origine notamment grâce aux envois de fonds et aux investissements des migrants ».

Cette analyse est partagée par le département des populations de l’ONU et, en France, par le Conseil Economique et Social (CES). Après avoir occupé l’URSSAF, manifesté à la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) et interpellé dix consulats représentant en France les principaux pays d’origine des sans-papiers, Nous appelons à une mobilisation à l’O.I.T. France, afin que celle-ci agisse contre ce néo esclavagisme.

Depuis sa création en 1919 et son rattachement à l’ONU en 1946, l’OIT a émis des dizaines de conventions sur le respect des droits de tous les travailleurs, qui ont toutes été adoptées par la France.

Sarkozy a lui-même déclaré que L’OIT « doit obligatoirement être saisie chaque fois qu’une question relative au respect des droits fondamentaux du travail se pose ».

Saisie par le SNU-TEF FSU, un syndicat de l’Inspection de Travail, l’OIT a déjà dénoncé en mars 2009 les pratiques du gouvernement français qui tente de détourner les contrôles de l’Inspection du Travail pour les transformer en supplétifs de la chasse aux sans-papiers.

L’unique solution pour que cessent le racket, la surexploitation, les discriminations et les conditions de travail indécentes endurés par les travailleur-e-s sans-papiers est une REGULARISATION GLOBALE, DANS L’EGALITE DES DROITS, de toutes et tous.

Aujourd’hui, nous interpellons à nouveau l’OIT pour lui demander d’intervenir auprès du gouvernement français afin que celui-ci respecte ses engagements, cesse de stigmatiser les travailleur-e-s sans-papiers à des fins purement électoralistes et qu’il les régularise globalement.

MANIFESTATION le JEUDI 5 NOVEMBRE 2009 à 14 heures
DEPART PLACE ST MICHEL jusqu’à l’O.I.T. : 92, rue de Sèvres – Paris 7ème

SIGNATAIRES : Association Malienne des Expulsés (AME) – Droits devant !! - ATTAC France - SURVIE - M.R.A.P. - Association des Travailleurs Maghrébins en France (ATMF) - FASTI – AMITI (Association des Militants pour l’intégration totale des immigrés), Association de Défense des Droits de l'Homme au Maroc (ASDHOM) - Collectif d'Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM) - Coordination 75 des sans-papiers – Coordination 93 pour la lutte des sans-papiers – CSP 17ième Saint Just - CSP CGT Cannes – R.E.S.F. - Association des Marocains en France (AMF) - Association des Tunisiens en France (ATF) - Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) – CAPJPO - Marches européennes contre le chômage – Coordination Femmes Egalité - Mouvement des Quartiers pour la Justice Sociale (MQJS) - Autremonde - RESOCI – D.A.L. – COPAF – A.S.I.A.D. - Stop Précarité - Convergence des Causes - Union Syndicale SOLIDAIRES (SUD Travail, Syndicat National Unifié des Impôts) - CGT Caisse des Dépôts - SNU TEF-FSU – Confédération Paysanne - Les Alternatifs - Gauche Alternative – NPA - PCF - PCOF - Les Verts...

lundi 19 octobre 2009

Derrière l’affaire Jean Sarkozy un enjeu routier de plus d’un milliard d’euros à Neuilly

par Claude-Marie Vadrot, Politis

La polémique sur l’accession probable de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD, polémique sur le fait du Prince, dissimule une autre affaire qui concerne à la fois le centre d’affaires de la Défense et la ville de Neuilly où le petit souhaite s’installer durablement, sur les traces de papa et de tous les politiques louches et douteux qui se sont succédés dans cette commune depuis la dernière guerre.

En fait, le rêve de Jean Sarkozy, avec l’appui de son papa, est d’obtenir enfin que l’avenue Charles de Gaulle qui relie la porte Maillot (ouest de Paris) au Pont de Neuilly soit transformée en tunnel souterrain allant jusque sous le quartier de la Défense, partie qui existe déjà. Tunnel qui aurait pour conséquences ou avantages, c’est selon, de transformer l’avenue de Gaulle en zone quasiment piétonne et de toute façon réservée au trafic automobile local. Et elle débarrasserait tous les cadres qui ne veulent pas renoncer à leurs voitures de leurs deux embouteillages quotidiens et leur épargneraient l’angoisse d’être un jour contraints de prendre le métro ou le RER.

Le coût de ce tunnel est évalué par ceux qui en ont déjà tracé les plans, à un peu plus d’un milliard d’euros. L’EPAD ne veut évidemment pas payer et Neuilly non plus. Donc, le fiston et quelques autres ont imaginé depuis trois ans, de demander à l’Etat, donc à Papa, de mettre la main à la poche. Sous couvert de la mise en place du Grand Paris et « pour résoudre les problèmes de circulation dans une zone de la Défense agrandie ».

C’est aussi simple que cela : pour créer ce funeste aspirateur à voitures et à camions de livraisons qui butera directement sur la porte Maillot et le boulevard périphérique Ouest de Paris, il fallait installer le meilleur des représentants de l’Elysée. Lequel aura droit à la reconnaissance éternelle des habitants de Neuilly qui l’éliront maire jusqu’à ce qu’il devienne à son tour Président.

C’est quasiment fait. Avec la perspective que « l’Etat en faillite » consacre une somme extraordinaire à améliorer le confort des habitants de Neuilly alors qu’il suffirait de limiter la circulation sur cette avenue. Sans oublier qu’avec un milliard on fait beaucoup d’équipements de transports collectifs....

samedi 17 octobre 2009

Plus - net à Montreuil UN AN DE LUTTE, REGULARISATION !

Plus - Net

Le 21 octobre, cela fera 1 an que les 24 grévistes de Plus – Net occupent le siège montreuillois de leur entreprise, spécialisée dans le nettoyage des chantiers insalubres. Ils exigent leur régularisation refusant la précarité d’une vie « sans – papier ».

Devant leur détermination et le soutien de nombreux Montreuillois, leur patron a enfin accepté de signer en septembre les documents nécessaires à leur régularisation alors qu’il s’y refusait jusqu’ici.

Maintenant, nous attendons qu’il paie sa dette auprès des services de l’immigration, pour permettre la remise des titres de travail par la Préfecture. Les travailleurs de Plus - Net doivent avoir les mêmes droits que tous les travailleurs qui circulent librement et ont leurs papiers.

Egalité des droits ! Des papiers pour tous !
Jusqu’à la victoire !

Aujourd’hui, 11 syndicats et associations réclament ensemble à François Fillon « une nouvelle circulaire qui permette d’en finir avec les blocages et les discriminations » en matière de régularisation des travailleurs « sans –papier ». Pour l’obtenir, déjà 1700 travailleurs sans-papier, viennent après Plus - Net, de s’engager dans la grève.

Un an de lutte sans salaire, c’est dur ! La solidarité n’est pas un délit.
Les Plus - Net ont besoin de vous. Venez les soutenir !

Solidarithé : chaque dimanche matin, thé offert , 4 rue Girard (Croix de Chavaux).


Soirée
Vendredi 23 octobre, 19h
Salle des Fêtes, Mairie de Montreuil
Témoignages, spectacle : Nage, Tarace Boulba, TLM…
Restauration. Plat africain 5 €

mardi 13 octobre 2009

Manifestation pour les droits des femmes samedi 17 octobre Paris Bastille-République-Opéra

Féminisme : Louise Michel grande figure de la Commune de Paris et du Mouvement ouvrier

Louise Michel est née le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte en Haute-Marne. Elle est morte le 9 janvier 1905 à Marseille.

Militante anarchiste et figure importante de la Commune de Paris, elle sera la première à arborer le drapeau noir et à le populariser au sein du mouvement anarchiste.

Très jeune, elle enseigne avant de se rendre à Paris en 1856.

Arrivée à Paris, à 26 ans, elle a une intense activité littéraire, pédagogique, politique et activiste et se lie avec plusieurs personnalités révolutionnaires blanquistes du Paris des années 1860. elle publie plusieurs textes, et notamment des poèmes qu’elle signe sous le pseudonyme d’Enjolras. A cette époque, elle rencontre : Jules Vallès[1], Eugène Varlin[2], Raoul Rigault[3] et Émile Eudes[4]. Elle collabore à des journaux d’opposition comme Le Cri du peuple. En 1862, elle devient sociétaire de l’Union des poètes ; en 1869, elle est secrétaire de la Société démocratique de moralisation, ayant pour but d’aider les ouvrières. À ce moment, Louise est blanquiste[5].

En août 1870, à 40 ans, en pleine guerre franco prussienne, elle manifeste contre l’arrestation de militants blanquistes.

En septembre, après la chute de l’Empire, elle participe au Comité de vigilance des citoyennes du XVIIIe arrondissement de Paris dont elle est élue présidente ; elle y rencontre Théophile Ferré[6] dont elle tombe passionnément amoureuse. Dans un Paris affamé, elle crée une cantine pour ses élèves. Elle rencontre Georges Clemenceau, maire de Montmartre. On assiste alors à d’étonnantes manifestations : femmes, enfants, gardes fédérés entourent les soldats qui fraternisent avec cette foule joyeuse et pacifique. Louise Michel fait alors partie de l’aile révolutionnaire la plus radicale aux côtés des anarchistes, et pense qu’il faut poursuivre l’offensive sur Versailles pour dissoudre le gouvernement d’Adolphe Thiers qui n’a alors que peu de troupes. Elle est même volontaire pour se rendre seule à Versailles et tuer Thiers. Elle n’est pas suivie et le projet avorte.

Louise Michel Communarde

En 1871, elle participe activement à la Commune de Paris, autant en première ligne qu’en soutien. Capturée en mai, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie.

Embarquée sur le Virginie en août 1873 pour être déportée en Nouvelle-Calédonie, elle chante avec d’autres communards Le temps des cerises en regardant s’éloigner la côte. À bord, elle fait la connaissance de Henri Rochefort, célèbre polémiste, et de Nathalie Lemel, elle aussi grande animatrice de la Commune ; c’est sans doute au contact de cette dernière que Louise approfondit son anarchisme. Elle reste sept années en Nouvelle-Calédonie, refusant de bénéficier d’un autre régime que celui des hommes. Elle crée le journal Petites Affiches de la Nouvelle-Calédonie et édite Légendes et chansons de gestes canaques. Elle cherche à instruire les autochtones kanaks et, contrairement à certains Communards qui s’associent à leur répression, elle prend leur défense lors de leur révolte de 1878. Elle obtient l’année suivante l’autorisation de s’installer à Nouméa et de reprendre son métier d’enseignante, d’abord auprès des enfants de déportés, puis dans les écoles de filles.

Louise Michel durant sa déportation

Clemenceau qui admirait Louise, continue de lui écrire durant sa déportation et lui adresse des mandats.

En hommage, ce « Chant des Transportés » écrit par Pierre Dupont pour les déportés de la révolution de 1848 mais qui fut aussi chanté en 1871 :

http://www.youtube.com/watch?v=9jfEUXhurPw


Louise Michel revient en France en 1880 ; elle multiplie les manifestations et réunions en faveur du prolétariat. Elle reste surveillée par la police et elle est emprisonnée à plusieurs reprises, mais poursuit inlassablement un activisme politique important dans toute la France jusqu’à sa mort à l’âge de 74 ans.

Elle représente une figure importante de la Commune de Paris et de l’enseignement révolutionnaire des années 1860. Nous avons placé cet article dans la rubrique « Féminisme », à notre avis à bon droit mais Louise Michel doit aussi être considérée comme une figure du Mouvement Ouvrier.

Rien de mieux, nous semble-t-il, que cet article pour annoncer et vous appeler à la :

Manifestation pour les droits des femmes
samedi 17 octobre Paris Bastille-République-Opéra


Les Œuvres de Louise Michel :

Fleurs et ronces, poésies, Paris.
Le claque-dents, Paris.
Lueurs dans l’ombre. Plus d’idiots, plus de fous. L’âme intelligente. L’idée libre. L’esprit lucide de la terre à Dieu… Paris, 1861.
Le livre du jour de l’an : historiettes, contes et légendes pour les enfants, Paris, 1872.
Légendes et chansons de gestes canaques, 1875, Nouméa
Le Gars Yvon, légende bretonne, Paris, 1882.
Les Méprises, grand roman de mœurs parisiennes, par Louise Michel et Jean Guêtré, Paris, 1882.
La Misère par Louise Michel, 2e partie, et Jean Guêtré 1re partie, Paris, 1882.
Ligue internationale des femmes révolutionnaires, Appel à une réunion. Signé : Louise Michel, Paris, 1882.
Manifeste et proclamation de Louise Michel aux citoyennes de Paris, Signé Louise Maboul, Paris, 1883.
Le Bâtard impérial, par L. Michel et J. Winter, Paris, 1883.
Défense de Louise Michel, Bordeaux, 1883.
La Fille du peuple par L. Michel et A. Grippa, Paris, 1883.
Contes et légendes, Paris, 1884.
Légendes et chants de gestes canaques, par Louise Michel, 1885.
Les Microbes humains, Paris, 1886.
Mémoires, Paris, 1886, t. 1., rééd. Sulliver
L’Ère nouvelle, pensée dernière, souvenirs de Calédonie (chant des captifs), Paris, 1887
Les Crimes de l’époque, nouvelles inédites, Paris, 1888.
Lectures encyclopédiques par cycles attractifs, Paris, 1888.
Le Monde nouveau, Paris, 1888
Prise de possession, Saint-Denis, 1890.
À travers la vie, poésies, Paris, 1894.
La Commune, Histoire et souvenirs, Paris, 1898.
Le Rêve, (dans un ouvrage de Constant Martin) Paris, 1898.
Œuvres posthumes :

Vol. I. Avant la Commune, préface de Laurent Tailhade, Alfortville, 1905.
Les Paysans, par Louise Michel et Émile Gautier, Paris, Incomplet.
Je vous écris de ma nuit, correspondance générale, 1850-1904, édition établie par Xavière Gauthier, Édition de Paris-Max Chaleil, 1999.
Histoire de ma vie, texte établi et présenté par Xavière Gauthier, 180 pages, Presses Universitaires de Lyon, 2000,
Lettres à Victor Hugo lues par Anouk Grinberg, cédérom, Frémeaux, 2008
Le livre du bagne, précédé de Lueurs dans l’ombre, plus d’idiots, plus de fous et du livre d’Hermann, texte établi et présenté par Véronique Fau-Vincenti, 200 pages, Presses Universitaires de Lyon.
Légendes et chansons de gestes canaques (1875), suivi de Légendes et chants de gestes canaques (1885) et de Civilisation, texte établi et présenté par François Bogliolo, 238 pages, Presses Universitaires de Lyon, 2006.
La Misère roman de Louise Michel et Marguerite Tinayre, texte présenté par Xavière Gauthier et Daniel Armogathe, 1203 pages, Presses Universitaires de Lyon, 2006
[1] Jules Vallès (de son vrai nom : Jules Vallez, qu’il transforme en “Vallès”. Fondateur du journal Le Cri du Peuple, il est un des élus de la Commune de Paris. Condamné à mort, il doit s’exiler à Londres de 1871 à 1880. Il est notamment l’auteur de laTrilogie autobiographique deJacques Vingtras.
L’Enfant 1879
Le Bachelier 1881
L’Insurgé 1886
[2] Eugène Varlin militant socialiste, membre de la Commune de Paris et de la Première Internationale. Le 28 mai, au dernier jour de la Semaine sanglante, terrible répression menée par l’armée des Versaillais, Eugène Varlin reconnu par un prêtre rue Lafayette est arrêté et amené à Montmartre où il est lynché, éborgné et finalement fusillé par les “lignards”.

[3] Raoul Rigault est une personnalité de la Commune. Pendant la Semaine sanglante, le 24 mai, il se bat, en grand uniforme, au Quartier latin. Il est abattu à bout portant par un officier versaillais, des soldats le dépouillent et des passants outragent son cadavre.

[4] Emile Eudes est une personnalité de la Commune surnommé « le général Eudes » et un militant Blanquiste. Il réussit à se réfugier en Suisse puis à Londres. Il est condamné à mort par contumace par le 3e Conseil de Guerre en août 1872. Revenu en France après l’amnistie de 1880, il collabore au journal d’Auguste Blanqui Ni Dieu ni Maître, puis à L’Homme Libre qu’il fonde avec Édouard Vaillant.

[5] Le blanquisme est un courant politique dont le nom vient de la personne d’Auguste Blanqui, socialiste français du XIXe siècle. Blanqui pensait que la révolution devait être le résultat d’une impulsion donnée par un petit groupe organisé de révolutionnaires, qui donneraient le « coup de main » nécessaire à amener le peuple vers la révolution.

[6] Théophile Ferré : militant blanquiste de longue date, il est condamné à quatre reprises sous le Second Empire pour ses opinions politiques. Impliqué dans le procès des blanquistes de juillet-août 1870, il est acquitté faute de preuves ; il se fait aussi expulser du tribunal de Blois pour insultes à la Haute Cour. Chargé de toutes les calomnies, il rédige une lettre dans laquelle il se défend, mais que le tribunal ne lui permettra pas de lire. Il est condamné à mort le 2 septembre 1871 et exécuté, en même temps que Louis Rossel à Satory le 28 novembre.

--

mardi 6 octobre 2009

Pour un pôle des forces de transformation sociale et écologique



Une nouvelle phase s’ouvre-t-elle ?
A peine mise en circulation, la déclaration de « sept organisations » (1) a donné le sentiment que quelque chose pouvait bouger du côté de la gauche de gauche. Nous avons donc la responsabilité de confirmer que cet espoir est fondé. Quelques éléments d’explication, puis des propositions pour consolider et avancer.
ENFIN !
Nous avons affirmé, dés 2006, qu’il était nécessaire de faire converger dans une alliance durable toutes les forces qui veulent une alternative sociale et écologique aux politiques néolibérales et au capitalisme en crise.
Nous voyons bien que les échecs sur cette voie ne sont pas pour rien dans l’omniprésence de Sarkozy et les mauvais coups subis : sur le plan social, dans les atteintes aux libertés, dans la dérive autoritaire des institutions
Nous sommes nombreux à avoir agi pour le rassemblement qui semble se dessiner. Nous ne pouvons que nous en réjouir et souligner les idées essentielles du texte commun.
« Les forces qui composent la gauche antilibérale et anticapitaliste ont le devoir de tout faire pour battre la droite et offrir une autre voie : un débouché politique qui permette de mettre en œuvre un programme traduisant dans les régions les exigences populaires issues des mobilisations, un programme régional véritablement alternatif au libéralisme et au productivisme »
Elles s’engagent donc avec la volonté de rassembler les forces associatives, citoyennes, sociales, syndicales, écologistes, politiques… Toutes celles et ceux qui refusent les régressions de la solidarité, les inégalités et la politique de la peur. Les élections sont un moment spécifique dans la vie politique. Les prochaines régionales peuvent être une occasion de faire converger les espoirs des luttes aux urnes, à condition de ne pas se contenter de vouloir « gérer ce qu’on peut », ni de « protester » sans perspective. Ce texte signé par sept organisations et courants le 28 septembre dernier le dit bien : « battre la droite et offrir une autre voie à gauche :
un débouché politique qui permette de mettre en œuvre un programme… »
Construire une perspective pour les régionales de mars 2010 c’est aussi répondre aux attentes qui se manifestent depuis des mois de mobilisation.
« Il s’agit, ensemble, non seulement de contrecarrer l’offensive politique de la droite et du libéralisme pour défendre les
exigences du monde du travail, encourager les résistances mais plus fortement inverser le rapport de forces dans les urnes et dans les luttes ».
Mieux encore, pour la première fois, les différences ne sont pas gommées mais reconnues et réfléchies : « A ce stade, nous savons que des approches différentes existent entre nous sur plusieurs points. (…) Mais nous décidons de constituer un cadre politique national de discussion commun en vue de vérifier la possibilité d'aller ensemble aux régionales. C’est pourquoi les partis et courants politiques réunis ce jour se sont mis d’accord pour une prochaine réunion de notre groupe de travail (…) afin de trouver un accord »
Sept organisations ou courants ont su écrire cela ensemble.
Cela ouvre une chance : dès que quelque chose commence à bouger, autre chose peut se mettre à bouger.
CONSOLIDONS ! AVANCONS !
Cette chance ne peut exister qu’en devenant très vite l’affaire de tous. Des réunions parisiennes, dont les comptes rendus seront publics, c’est bien. Et c’est encore mieux si des regroupements ont lieu, partout dans les régions sur les mêmes exigences.
Des questions demeurent et ce débat à l’évidence est en cours au sein du PCF : sans listes indépendantes du PS au premier tour, comment faire entendre la possibilité d’une politique à la hauteur des attaques développées par la droite tout en refusant une fusion démocratique avec une partie de cette même droite (le MODEM) au second tour ?
Nous ne pouvons pas évacuer les réalités. Une fois affirmée la volonté de rassemblement d’«une vraie gauche », celle de battre la droite, nous devons apporter une grande attention au fait que le plus souvent, une fusion se fera entre trois listes au second tour (celle du regroupement « vraiment à gauche », celle du PS et
celle des Verts).
Nous voulons donc que, sur quelques axes décisifs, des propositions soient portées, comme dit le texte :
« Nous voulons rompre avec cette logique toujours plus folle du capitalisme productiviste. Nous voulons une politique qui remette en cause la logique du profit pour satisfaire les besoins élémentaires et durables de la population. »
Devant la dégradation des finances publiques de l’Etat et des collectivités, il n’est pas acceptable que les français règlent la note des dizaines de milliards d’exonérations et d’aides publiques aux entreprises. Réclamons la suppression
de ces aides dans les entreprises qui licencient pour mieux délocaliser ou qui imposent une organisation du travail
brisant les salariés. Réclamons, avec l’intersyndicale des salariés du secteur bancaire public, un pôle financier public fort, regroupant tous les milliards donnés aux actionnaires, un outil ayant les moyens, géré démocratiquement, de contribuer avec les Régions au maintien et à la création des emplois d’utilité sociale et environnementale. Les Régions dans le cadre de leurs compétences doivent ouvrir de nouvelles perspectives en faveur d’un modèle économique respectueux des salariés, des citoyens et de l’environnement.
Cette nouvelle donne territoriale passe inévitablement par la promotion de la solidarité entre les territoires. Formulons des propositions pour combattre l’accroissement des inégalités entre des zones de grande richesse, dotées de
grand bassin d’emplois et de services publics de transports de qualité, et des périphéries qui seraient condamnées à la paupérisation et à l’abandon.
Pour avancer dans cette voie cohérente, on ne peut faire l’impasse sur la question démocratique. Un Etat autoritaire n’a aucun mal à s’asseoir sur les choix des élus des collectivités territoriales tant la démocratie locale manque de souffle. Pour répondre à cette dérive autoritaire refusons les transformations des collectivités locales qui vont dans ce sens et faisons des régions des points d'appui pour les résistances. Mais il faut aller plus loin :
rapprochons tous les citoyens de la chose publique, favorisons la réappropriation par les habitants des choix qui les concernent. Assurons le droit des citoyen-ne-s de gérer eux-mêmes leurs propres affaires, là où les questions se posent ; développer entre les territoires toutes les formes de solidarité qui fondent l’existence d’une
communauté; garantissons l’efficacité de gestions publiques adaptées aux enjeux de notre époque : assemblées citoyennes, budgets participatifs, référendums d’initiative populaire… Les organisations doivent se saisir dès maintenant de cette problématique et la travailler au contact du mouvement social dans sa globalité.
Cette question de la démocratie ne peut se penser sans retisser le lien avec le projet culturel, indispensable à
la compréhension du réel, à la formation des êtres humains, à la rencontre de l’autre et au vivre ensemble.
Donnons les moyens à toutes et tous de décider dans un domaine aussi essentiel que leur formation. Donnons de vrais moyens à un développement croisé de la création artistique, de l’appropriation par tous des arts et des cultures, par l’enseignement, les pratiques amateurs et professionnelles, et l’éducation populaire et par la promotion de la diversité culturelle.
La préparation des régionales, la discussion des priorités et des implications des mouvements sociaux dans ces projets, voilà, dès maintenant, une façon de construire une réponse à l’opposé des ruptures que Sarkozy impose et veut aggraver.
Agissons tout particulièrement aux côtés de celles et ceux qui sont frappés par des licenciements, par les politiques sécuritaires et pour une action des précaires et des chômeurs.
L’ampleur de la tâche n’invite pas à l’attentisme. Ces positions doivent être mises en débat à l’intérieur du cadre national mis en place par la déclaration du 28 septembre, et un socle de propositions partagées par l’ensemble des composantes de la gauche de gauche doit en émerger
Une porte vient de s’ouvrir pour un rassemblement large d’opposition à un système libéral et productiviste.
Mobilisons nous à tous les échelons pour ne pas la laisser se refermer. Une dynamique d’espoir peut véritablement s’enclencher.
Signataires : Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), Gauche unitaire, Les Alternatifs, Nouveau parti
anticapitaliste (NPA), Parti communiste français (PCF), Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Parti de gauche
(PG). ; Ont aussi participé comme « observateurs Le Forum social des quartiers populaires (FSQP) et Lutte Ouvrière (LO)

Choisir le rassemblement unitaire

Déclaration du courant « Convergences et alternative » NPA



La crise du capitalisme est profonde, la situation des salarié-e-s, des privé-e-s d’emploi et des précaires empire, les libertés reculent. Pourtant, la politique de Sarkozy qui vise à remodeler l’ensemble de la société aux normes du libéralisme n’est pas mise en échec. Si la droite tient toujours le manche, sa force provient d’abord de la faiblesse de l’opposition à gauche.
Il y a bien aujourd’hui deux orientations à gauche : celle qui reste dans le cadre d’un accompagnement du néolibéralisme, et qui entraîne aujourd’hui le PS et une partie des courants écologistes à chercher les convergences vers des secteurs de la droite, comme le Modem ; et celle de la construction d’une alternative de gauche rassemblant les forces antilibérales et anticapitalistes, dont l’existence encouragerait les résistances sociales en retour. En Italie, politique néolibérale et alliances de gouvernement avec le centre-droit ont eu pour résultat le retour de Berlusconi et d’une droite encore plus dure, tandis que l’existence même d’une gauche politique est aujourd’hui menacée. Par contre, en Allemagne et au Portugal, les progrès électoraux de Die Linke et du Bloquo de Esquerda, deux formations issues de coalitions unitaires, illustrent l’impact positif que peut avoir la constitution d’un pôle antilibéral et anticapitaliste.
En France, nous avons aujourd’hui l’opportunité et la responsabilité de nous engager résolument dans la voie du rassemblement autour d’une perspective politique alternative. Celle-ci passe nécessairement par des alliances entre les forces qui ne renoncent pas à la transformation sociale et appellent à une rupture avec des décennies d’acceptation des logiques de marché. Séparé-e-s, nous ne sommes pas en situation de défendre une alternative globale. L’affirmation solitaire a déjà été essayée aux Européennes et elle a déçu. C’est en choisissant le rassemblement que le NPA peut redonner de l’élan à ses propositions et à sa perspective de reconstruire une gauche digne de ce nom.

Unité dans les luttes et dans les urnes
La convergence des forces de la gauche de gauche serait facilement réalisable sur une série de solutions politiques alternatives : interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits, contrôle public et nationalisations dans le secteur bancaire, politique environnementale rompant avec la logique productiviste et taxant les profits, défense des services publics et d’une démocratie étendue, etc. La construction d’un cadre politique unitaire est urgente, nécessaire et possible, dans les luttes comme dans les élections. C’est le seul moyen de changer durablement le rapport de force en faveur de la gauche antilibérale et anticapitaliste face à la gauche social-libérale.
Une telle dynamique doit également se construire sur le terrain électoral, et les prochaines élections régionales sont une occasion à ne pas manquer. Un front politique unitaire, fondé sur des contenus politiques clairs élaborés ensemble, s’appuyant sur des collectifs locaux rassembleraient les acteur-trice-s des mouvements sociaux, qui attendent des forces politiques un sursaut d’unité (à l’image de l’expérience commune du Non au TCE en 2005), donnerait une perspective aux mobilisations sociales et permettrait de polariser le débat à gauche, notamment vers les secteurs du PS ou des écologistes qui refusent la dérive des alliances vers la droite. La situation politique actuelle exige la convergence autour de listes communes dès le 1er tour, plutôt que l’éparpillement. Ces listes doivent permettre de faire élire un maximum de représentant-e-s défendant l’orientation d’une gauche alternative au sein des conseils régionaux. Au 2nd tour, elles devront ne laisser aucune chance à la droite de reprendre des régions. Pour cela, du fait des contraintes imposées par la loi électorale, il faut des fusions « démocratiques » avec les autres listes de la gauche ou de l’écologie, à l’exception de tout accord incluant le Modem. Ces fusions « démocratiques » supposent que chaque composante garde sa liberté de vote au sein du conseil régional, essentielle pour dégager une alternative aux gestions social-libérales ou aux alliances avec le Modem.
Le NPA devrait proposer à ses partenaires de ne pas participer à des exécutifs dont la politique serait dominée par une orientation social-libérale. Mais il ne doit pas faire d’un désaccord avec celles et ceux de ses partenaires qui laissent ouverte la question de la participation à des exécutifs dans certaines conditions un point de rupture qui empêcherait la construction d’une coalition unitaire au 1er tour. Chacun-e prendra ses responsabilités et les électeur-trice-s, les collectifs unitaires locaux, les acteur-trice-s des mouvements sociaux jugeront sur les bilans des pratiques menées au sein de l’institution, dans la transparence et le débat public.

Transformer l’essai
La rencontre entre le NPA, les Alternatifs, la Fédération, le Parti de Gauche et le PCF a abouti à une première déclaration commune, le 28 septembre dernier. C’est un premier pas positif et encourageant qui montre qu’un processus de convergence est enclenché. L’unité, plus que jamais urgente et nécessaire, est à portée de la main. Pour organiser sans tarder de grandes campagnes en direction de l’opinion et des salarié-e-s sur les urgences sociales et écologiques de l’heure. Pour en vérifier la traduction autour d’une politique régionale alternative au repli sur une étroite gestion locale qui accepte les contraintes du libéralisme. Et pour commencer dès maintenant le travail d’élaboration d’un véritable projet alternatif, par des rencontres publiques dans toutes les régions et localités. Les discussions engagées au niveau national doivent rapidement se mener au niveau local et régional, avec la volonté d’aboutir dans chaque région. Les points décisifs sont la constitution de listes indépendantes du PS au 1er tour et la liberté de vote dans les conseils une fois élu-e-s. Ces questions font déjà accord pour un certain nombre de forces (les Alternatifs, le Fédération, le Parti de Gauche). Il reste au Parti communiste et à ses militant-e-s à se prononcer, et à indiquer s’il veut faire des régionales une étape dans le rassemblement durable de la gauche alternative. Or, choisir de faire listes communes avec le PS au 1er tour n’aidera pas à avancer vers cet objectif.
Le NPA et ses militant-e-s, appelé-e-s à décider de leur orientation dans une consultation interne, doivent aussi faire clairement le choix du rassemblement. En effet, la motion adoptée à la mi-septembre par le Conseil politique national (CPN) du NPA contient des éléments qui peuvent constituer des obstacles à l’unité. Les discussions préalables avec les autres forces montraient une convergence sur l’idée de fusions « démocratiques » au 2nd tour pour battre la droite, mais le texte finalement adopté est confus et relativise l’importance de cette question. Il rechigne à créer rapidement des collectifs unitaires locaux, pourtant décisifs pour créer un rapport de force militant et populaire. Et il semble vouloir imposer à nos partenaires la non-participation aux exécutifs régionaux comme un préalable. S’il peut y avoir accord avec les autres forces sur les contenus du programme, la liberté de vote dans les conseils et la création de collectifs unitaires locaux, le refus du NPA de réaliser l’unité à cause de la seule différence sur les exécutifs serait incompréhensible, et ferait apparaître le NPA comme responsable d’une division injustifiée.
Ces élections régionales seront une étape importante dans les recompositions qui commencent sérieusement à gauche. Se dérober à une possible alliance de la gauche alternative serait décevoir à nouveau les nombreuses attentes, pourrait voir l’influence du NPA diminuer et celui-ci ressembler bien moins à un parti anticapitaliste large qu’à une organisation classique d’extrême gauche, témoignant de son anticapitalisme mais renonçant à bousculer les rapports de force à gauche. À l’inverse, s’il fait le choix du rassemblement, et s’il est capable de reformuler en positif un programme régional illustrant une alternative possible au social-libéralisme, le NPA peut y jouer un rôle important et relancer son propre développement.
Nous appelons les militant-e-s du NPA à faire ce choix, dans la continuité de celui que nous avons fait ensemble, quand nous avons créé un nouveau parti anticapitaliste visant à la reconstruction d’une gauche de combat.



Le courant « Convergences et alternative », 4 octobre 2009.

lundi 5 octobre 2009

Refusons la privatisation de la Poste publique, exigeons la renationalisation de France Télécom !

Perspectives "alter" sur la mission postale en France et en Europe.

A PARTIR DES REFUS DU PRESENT...

1 - Contre la casse des élites et l’emprise des actionnaires.

Le nouveau ministre de l’Industrie, Christian Estrosi se cache, pour enclencher le changement de statut de La Poste, derrière la directive européenne de 1997 qui, selon lui, obligerait à un tel changement. Il n’en est rien. Ce sont encore les appétits de profits privés qui guident l’opération qui vise précisément à socialiser les pertes et privatiser les profits (1). Ce changement de statut n’est en rien une obligation mais une décision politique clairement assumée par le gouvernement et la direction de la Poste. Mais ils savent que la décision n’est pas populaire, alors ils la camoufflent.

Ce sont bien "ceux d’en-haut", les dirigeants politiques actuels (2) et nombre de dirigeants économiques qui initient une telle politique contre les usagers et contre les postiers. La volonté du gouvernement de privatiser la Poste se combine avec des suppressions massives des immeubles affectés dans les campagnes à l’exercice des missions postales. Les citoyens et le peuple-classe doit réagir.

2 - Privatisation = marché plus service universel !

La privatisation de la poste ne sert qu’à satisfaire les profits des gros actionnaires qui attendent l’ouverture du capital. On sait aussi désormais ce qui accompagne ce genre de politique de casse du service public : licenciements massifs, précarité accrue, inégalité d’accès aux prestations, augmentation des prix... Christine Lagarde parle à Bercy de service universel et non de service public ce qui signifie remplacement du service public par le marché et les groupes privés en concurrence et au marge du marché quelques prestations obligées mais minimales au titre du service universel. Le service universel c’est le service au rabais pour les plus démunis. Au lieu d’approuver cette politique de destruction il importe au contraire non seulement de s’opposer à cette privatisation mais aussi dans la foulée de (re)nationaliser France Télécom.

... RECONSTRUISONS L’AVENIR !

3 - Vive le service public et la démocratisation.

A cette fin, de nombreux dispositifs d’interpellation des citoyens sur le statut de la poste ont été mis en place ces jours-ci. Cette intervention citoyenne et populaire vient appuyer la journée de grève des postiers du 22 septembre. L’ensemble participe d’ un mécontentement grandissant contre ces politiques libérales. On aura lundi la confirmation des résultats qui à ce jour semblent indiquer un refus d’aller encore plus loin dans la marchandisation de ce service public en le privatisant. Il s’agira alors d’amplifier le mouvement pour renationaliser l’ensemble Poste et télécommunication et remettre la politique et la citoyenneté démocratique à la place du marché et des gros actionnaires. Voilà une perspective à mettre en débat !

4 - Renationalisation ici et élargissement européen comme perspective politique.

La dynamique de renationalisation liée à une démocratisation sociale (élection de délégués par les usagers) et une démocratisation citoyenne direct (sur les grands choix stratégiques) se devra, pour réussir, d’enclencher une dynamique de service public et de réappropriation publique et citoyenne en Europe. A l’image d’une certaine Amérique latine l’Europe pourrait alors dire qu’elle construit une politique de "civilisation". Pas avant.

Comme pour l’Hôpital et l’Université des mobilisations collectives sont et seront nécessaires. La gauche politique devra être offensive ainsi que les syndicats de salariés.

Christian Delarue

ATTAC Rennes - comité 35 de défense de la Poste

1) La poste a beaucoup communiqué sur sa dette et le besoin que représenterait un « investissement supplémentaire de 2,7 milliards » pour « moderniser » l’entreprise. C’est pourtant faire abstraction de la dette contractée par l’État envers la poste. Dans le cadre des missions de service public confiées à la poste pour 2007, l’État doit à la poste :

•415 millions pour la distribution de la presse,

•255 millions pour l’aménagement du territoire (la présence postale sur tout le territoire),

•88 millions pour l’accessibilité bancaire.

Chaque année, ce sont près de 800 millions d’euros qui sont laissés au passif de la poste. Aujourd’hui, avec les centaines de milliards que les différents gouvernements sont prêts à injecter dans les banques pour les banques, on voit bien que les 2,7 milliards sont dérisoires.

2) La Poste, une réforme de gauche ? Le Canard enchaîné.

Le Canard enchaîné N° 4639 - 23 septembre 2009

dimanche 4 octobre 2009

Votation sur La Poste : plus de deux millions de suffrages




lefigaro.fr avec AFP
04/10/2009

Selon le comité national contre la privatisation, le vote a été massif dans les quartiers populaires et les zones rurales. Le résultat est attendu lundi.

La votation citoyenne sur l'avenir de La Poste achevée ce week-end a recueilli plus de deux millions de suffrages, a indiqué dimanche en début de soirée le porte-parole du comité organisateur, Nicolas Galepides, tandis que le décompte se poursuivait dans une vingtaine de départements. Les organisateurs attendent notamment les résultats des Bouches-du-Rhône, «où ça a beaucoup voté» et en Haute-Garonne, en Loire et en Auvergne, où la vocation a «cartonné», selon eux.

«Après cet exercice de démocratie participative et cet engouement, on va évidemment demander le gel du projet [de transformation de La Poste en société anonyme, ndlr] et l'ouverture d'un grand débat public sous une forme qui reste à déterminer mais qui devra rassembler toutes les parties prenantes», a ajouté Nicolas Galepides, élu syndical Sud-PTT et membre du conseil d'administration de La Poste depuis 2000. «On ne peut pas laisser retomber le soufflé. On ne va pas se contenter de demander un rendez-vous au président de la République et rester à attendre devant le téléphone, il y a une vraie attente des gens», a-t-il estimé.

«Un processus démocratique d'ampleur»
Le mouvement altermondialiste Attac, l'une des 62 organisations composant le comité, s'est également félicité du succès de la votation citoyenne dans un communiqué, parlant d'un «succès considérable» et de «près de 2 millions de participants».

«C'est un processus démocratique d'ampleur qui s'est effectué, preuve de l'attachement de la population au grand service public de proximité qu'est La Poste. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement et du président de la République», explique l'association.

Attac exige le gel d'un projet qu' «aucune raison ne justifie, sinon le fait d'entamer un processus de privatisation refusé par nos concitoyens», et «l'organisation d'un référendum sur le sujet».

Forte mobilisation dans les zones rurales
Le comité national travaillait dimanche à dessiner la carte des zones les plus votantes tout en constatant d'ores et déjà «une forte concentration dans les quartiers populaires et les zones rurales où le problème est le plus cuisant», selon Nicolas Galepides.

Le comité organisateur (Comité national contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal) regroupe une soixantaine d'organisations, partis, syndicats (pas la CFDT) et associations.

Dimanche, alors qu'en principe la votation était terminée, des scrutins ont encore eu lieu sur des marchés, selon les responsables, tandis que le téléphone n'arrêtait pas de sonner à la mairie du IIe arrondissement où le comité a implanté son QG: «les gens appellent pour regretter de ne pas avoir pu voter».

vendredi 2 octobre 2009

LE 3 OCTOBRE : VOTONS EN MASSE CONTRE LA PRIVATISATION DE LA POSTE !

Premier de cordée de la rentrée sociale 2009 du secteur public, la poste, son personnel, les syndicats et les usagers sont désormais à la croisée des chemins.

Le 22 septembre, les postiers donnent leurs voix !

La fin du printemps et l’été ont été marqués par des luttes dures et longues de salariés du secteur privé. Leur radicalité a parfois payé et et a eu des échos dans l'opinion. Ces luttes ont souvent été présentées par les médias comme des actions de voyous, alors que face à des patrons et des raquetteurs agissant sous l’œil bienveillant de l’État, l'action est la seule alternative.

Le 22 septembre, à l’appel des syndicats de La Poste, CGT, FO, CFTC, CFDT et SUD, le personnel s’est fortement mobilisé contre le projet gouvernemental de changement de statut qui conduit tout droit à privatisation. Cette journée devrait inciter les postiers à amplifier le mouvement avec le soutien de la population.

Le 3 octobre : voter et faire voter contre la privatisation ! Et préparer la suite.

Le 3 octobre, à l’occasion de la votation citoyenne organisée sur tout le territoire par le Comité national contre la privatisation de la poste, tous les usagers en âge de voter, et ce sans discrimination, pourront s’exprimer. Car l’avenir de la poste ne laisse personne indifférent. Nous devons nous mobiliser partout, dans les entreprises, les quartiers, les lieux de vie pour participer à cette consultation.

Un succès en termes de participation serait une claque pour Sarkozy et son gouvernement. La galette serait complète, si dans la continuité, les confédérations prenaient en compte ce baromètre électoral pour proposer un mouvement social interprofessionnel public/privé au-delà des grèves de 24 heures. Les salariés s'étaient exprimés dans ce sens en participant massivement aux journées des 29 janvier et 19 mars. Ce n’est peut-être que partie remise.

Les fausses raisons d’un changement de statut :

La poste a beaucoup communiqué sur sa dette et le besoin que représenterait un « investissement supplémentaire de 2,7 milliards » pour « moderniser » l’entreprise. C’est pourtant faire abstraction de la dette contractée par l’État envers la poste. Dans le cadre des missions de service public confiées à la poste pour 2007, l’État doit à la poste :

•415 millions pour la distribution de la presse,

•255 millions pour l’aménagement du territoire (la présence postale sur tout le territoire),

•88 millions pour l’accessibilité bancaire.

Chaque année, ce sont près de 800 millions d’euros qui sont laissés au passif de la poste. Aujourd’hui, avec les centaines de milliards que les différents gouvernements sont prêts à injecter dans les banques pour les banques, on voit bien que les 2,7 milliards sont dérisoires.

La logique de profits du système capitaliste est clairement mise à nue. Il s’agit de socialiser les pertes et de privatiser les profits. Et c’est vrai que la poste fait des profits :

579 millions d’euros en 2005, 789 millions d’euros en 2006, 943 millions d’euros en 2007, 529 millions en 2008.

Un autre argument largement diffusé : « il ne s’agit que d’une ouverture du capital ». Rien de nouveau sous le soleil, c’est la chansonnette favorite des gouvernements, qu’ils soient de gauche ou de droite, pour faire avaler la pilule de la privatisation. Pour France Télécom, l’État devait rester actionnaire à hauteur de 50 %. Aujourd’hui, la part de l’État est de 26 %.

Autre exemple, celui d’EDF-GDF. Le 6 avril 2004, Sarkozy – alors ministre des Finances – jurait la main sur le cœur : « On ne viendra pas à la privatisation. C’est clair, c’est simple et c’est net. Il n’y aura pas de privatisation d’EDF ou Gaz de France ». Ce qui est clair et net, c’est la séparation entre EDF et GDF, qui a elle-même fusionné avec Suez.

Enfin un dernier argument : « la Constitution nous protége de la privatisation ». Cela se saurait si la Constitution était faite par et pour les travailleurs. Sans faire un catalogue des droits qui y sont allégrement bafoués, prenons le droit au logement qui y est inscrit, cela n’empêche aucunement de se retrouver à la rue. La Constitution préfère, il est vrai, faire respecter le droit de propriété lui aussi inscrit dans le texte…

Filialisation, réorganisation : la privatisation rampante du groupe La Poste

À l'instar de Mao en 1958, le président de la poste, Bailly, a annoncé avec l'ouverture du capital et la transformation en société anonyme, « un grand pas en avant ». Et c’est vrai que la privatisation va changer beaucoup de choses.

Mais depuis de nombreuses années, il faut aussi mesurer à quel point les réorganisations ont été incessantes pour faire de la poste un groupe capable de s’imposer sur les marchés mondiaux à l’égal des grands trusts du privé. Avec près de 21 milliards d'euros de chiffre d'affaires, la poste se place d’ores et déjà dans le peloton de tête des prétendants au leadership mondial. Ses trois holdings regroupant près de vingt filiales (dites de « premier plan ») lui permettent de figurer parmi les principaux opérateurs européens. Directement implantée en Grande-Bretagne, en Irlande et en Pologne, le groupe se positionne en seconde place européenne sur le colis express. Assurances, placements immobiliers, courtages, partenariat divers (aux USA avec Fedex) promettent un avenir radieux aux futurs actionnaires qui peuvent déjà faire leur armes avec Néopost, une filiale cotée dans au CAC Next 20, l'antichambre du CAC 40.

Le grand projet qui se met en place depuis plus de vingt ans est donc bien éloigné de ce que l'on pourrait attendre d'un service public. Près de la moitié des salariés de la poste sont déjà sous statut privé, et c’est aussi le cas de la presque totalité des filiales. Fallait-il aller encore plus loin ? Évidemment non.

Des attaques incessantes contre le personnel

Pour anticiper la privatisation de la poste, la direction cherche à la rentabiliser et attaque frontalement les droits des postiers.

Les « réorganisations » permanentes se traduisent systématiquement par des suppressions d’emploi (50 000 emplois en moins depuis 2002). Pour les presonnels, cela signifie une augmentation de la charge de travail, travailler plus pour gagner pareil, alors que les salaires des postiers « de base » sont déjà proches du Smic. Les salariés sont de plus en plus souvent remplacés par des machines, au point que des centres de tri entiers ferment pour laisser la place à des « Plateformes industrielles courrier ».

La pression du tout commercial s’intensifie : objectifs chiffrés de vente pour les guichetiers, revenus liés en partie à des commissions… les bureaux de poste se transforment en épicerie, où l'on vend de tout et n’importe quoi. Les guichetiers sont mis en concurrence ; on met en vente des timbres « Johnny » et on fait miroiter une promotion aux meilleurs vendeurs au détriment de leurs collègues.

La répression revêt deux visages à la poste : les poursuites disciplinaires de plus en plus systématiques sous n'importe quel prétexte, visant particulièrement les agents non-alignés, âgés et à la santé fragile… Et le « pack huissiers-police-justice » contre les grèves. La direction ne lésine pas sur les moyens quand il s’agit de cogner sur les salariés.

Ce que la privatisation va changer

Si la privatisation passe, cela se traduira d’abord par une accélération de toutes les attaques en cours. Avec des éléments nouveaux et parfois décisifs comme les licenciements collectifs, et la possibilité d’aligner le régime des retraites sur le régime général, ce qui se traduirait par une hausse des cotisations et une baisse des pensions.

La qualité du service va baisser : avec des milliers de facteurs en moins, le courrier ne pourra pas être correctement distribué ? Les prix vont augmenter : envoyer une lettre à l’autre bout de la France ne coûte en réalité pas 56 centimes à la poste. Quand il faudra payer les services rendus au prix du marché, ce sera douloureux pour les usagers. D’autant plus que la concurrence n’a pas les vertus qu’on lui prête : tôt ou tard des multinationales qui ne se gênent pas pour faire payer très cher leurs services, contrôleront du marché.

Pour l’instant, le monopole public permet à tout le monde d’être raccordé gratuitement au réseau postal. Qu’est-ce qui empêchera de faire payer ce service, à part les promesses de Sarkozy ? On imagine la fragilisation sociale que cela entraînerait pour les plus démunis de ne même plus avoir de droit garanti à recevoir du courrier… Sans parler des milliers de fermetures de bureaux de poste en zone rurale et dans les quartiers populaires. La privatisation signifie la transformation de la poste en machine à broyer les salariés à l’intérieur et à fabriquer de l’exclusion à l’extérieur.

Dans les autres pays d’Europe

Sur le plan européen, la privatisation des postes européennes a entraîné de lourdes conséquences aussi bien pour les usagers que pour les postiers.

Au Royaume Uni, la privatisation de la Royal Mail mise en œuvre par le «socialiste» Tony Blair en 1999 est un tel échec que l'entreprise doit être renationalisée en catastrophe avec une perte évaluée à 1,5 milliard de livres payée par le contribuable. Une réorganisation en 2006 a conduit à la fermeture de 2 500 bureaux et à des réductions massives d'emplois.

La Suède a transformé sa poste en SARL en 1994, un tiers des emplois a été supprimé, les bureaux de postes sont passés de 2 000 à 500 et le prix du timbre bat tous les records avec une augmentation de 90 % du prix en dix ans !

Aux Pays-Bas, la poste a été transformée en SA en 1989 et a fusionné avec le groupe australien TNT en 1996. L'entreprise est connue pour avoir fait travailler les enfants dans le portage et la publicité non adressée. Elle envisage de supprimer un quart des emplois environ dans les années qui viennent. 70 % de la main-d'œuvre travaille à temps partiel et le pays compte deux à trois fois plus de points de vente que de vrais bureaux de postes.

La bataille pour un grand service public postal européen est donc plus que jamais à l'ordre du jour pour mettre à mal des privatisations qui vont bien au-delà de ce seul secteur et concernent aussi le rail, la santé ou l'éducation.

Et demain ? Une poste vraiment au service du public ?

C’est loin d’être le cas aujourd’hui et c’est d’ailleurs l’un des arguments de Sarkozy : ça ne va pas, il faut donc réformer. Mais des réformes pour quoi faire ?

Défendre les services publics aujourd’hui, de notre point de vue, ce n’est pas défendre l’existant, cela serait d’ailleurs mal compris par la population. D’abord parce qu’en régime capitaliste, les services publics ont toujours eu un rôle ambigu, en partie au service du public et en partie au service de l’économie capitaliste. Mais aussi parce que cela s’est aggravé avec la mise en œuvre des logiques libérales qui ont souvent profondément transformé le fonctionnement des services publics avant même que le changement de statut n’ait eu lieu.

La poste que nous voulons, c’est un réseau de distribution où le rôle social des facteurs et des factrices notamment auprès des personnes âgées ne deviendrait pas un service payant. C’est un réseau qui participerait activement aux politiques d’aménagement du territoire, notamment dans les campagnes, au lieu de contribuer à la désertification. C’est un service bancaire qui permettrait aux plus pauvres de disposer d’un compte, même s’ils n'ont pas grand-chose à mettre dessus, pour ne pas amplifier le processus d’exclusion. C’est un réseau d’agences qui mettrait au service de tous les moyens d’accéder facilement aux nouvelles technologies afin de réduire « fracture numérique ».

C’est aussi un réseau qui se construirait à l’échelle européenne, mais sans négliger la dimension locale et les problèmes d’environnement : la circulation du courrier devrait être à l’évidence entièrement repensée, en commençant par éviter le « tout camion » et les kilomètres inutiles sous prétexte de rationalisation.

Enfin un service public digne de ce nom, c’est une entreprise qui n’écrase pas ses salariés. La lutte contre la privatisation n’est évidemment pas déconnectée de toutes les revendications concrètes, immédiates, que les travailleurs portent dans les luttes même les plus modestes. C’est même entièrement lié.

http://www.npa2009.org/node/12944

APPEL POUR SORTIR DE L’ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE (OMC)

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)


Pour accéder à la liste des 1 000 premiers signataires, cliquez ici : http://www.m-pep.org/spip.php?article1502

Pour signer l’Appel en ligne, cliquez ici : http://www.m-pep.org/spip.php?article1503
Du 30 novembre au 2 décembre 2009, la 7e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce va se tenir à Genève.

Du 7 au 18 décembre 2009, la conférence de l’ONU sur les changements climatiques va se tenir à Copenhague.

Le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) lance un appel aux partis politiques, syndicats, mouvements altermondialistes, associations concernées – et à tous les citoyens – pour faire de ces conférences un moment de mobilisation digne de celle qui s’était tenue, il y a dix ans, à Seattle.

La crise financière ne doit pas être blanchie par la crise climatique ! Contre le capitalisme, l’humanité, la biodiversité et l’environnement doivent être défendus à Genève et à Copenhague !

Le M’PEP met en débat les propositions suivantes :

1.- Sortir de l’OMC qui provoque la ruine des peuples et de la planète

L’Organisation mondiale du commerce repose sur le libre-échange. Celui-ci a fait la preuve de sa nocivité dans les pays pauvres comme dans les pays riches : emploi, niveau de vie, santé, éducation... Il est une cause majeure du réchauffement climatique et de la destruction de la biodiversité.

2.- Créer l’OIC avec les pays souhaitant construire un nouvel ordre international de coopérations

Sortir de l’OMC doit permettre la création de l’OIC (Organisation internationale du commerce) sur la base de la Charte de La Havane de 1948. La Charte de La Havane conçoit le commerce international comme des échanges mutuellement avantageux et non comme la concurrence de tous contre tous.

3.- Sans attendre, prendre des mesures protectionnistes écologiques et sociales

Tout de suite, le commerce international doit décroitre par des actes unilatéraux des Etats sur des principes universalistes (non nationalistes). Pour la démocratie, pour l’emploi, pour les salaires, pour l’environnement et le climat. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.

Pour accéder à la liste des 1 000 premiers signataires, cliquez ici : http://www.m-pep.org/spip.php?article1502

Pour signer l’Appel en ligne, cliquez ici : http://www.m-pep.org/spip.php?article1503

mercredi 30 septembre 2009

A Montreuil, pour la défense du service public de La Poste,du 1er au 3 octobre, VOTONS !

Alors que le gouvernement persiste dans son refus du dialogue et s'obstine à vouloir engager la privatisation de La Poste à marche forcée, plusieurs villes et collectivités territoriales ont décidé de soutenir le Comité national contre la privatisation, et pour l'organisation d'un référendum national portant sur le projet de loi de changement de statut de la Poste.

La ville de Montreuil s'associe à l'initiative et participe à l'organisation de la consultation nationale du 1er au 3 octobre.

Le collectif de Montreuil qui organise la consultation en partenariat avec la municipalité rassemble un large éventail d'organisations associatives, syndicales et politiques de la gauche, du NPA au Parti socialiste en passant par le PCF et les Verts, Attac, la CGT*, SUD, FSU etc...et MONTREUIL VRAIMENT !

La mairie de Montreuil s'est mobilisée pour que la votation se déroule au mieux en mettant à disposition panneaux électoraux et urnes, informations par voie d'affiches et dans le journal municipal et par le vote d'une délibération au Conseil municipal du 24 septembre, VOTÉE À L'UNANIMITÉ.

Les 1, 2 et 3 octobre, les citoyens habitants et usagers montreuillois de plus de 18 ans pourront voter dans les six bureaux de poste de la ville, à la mairie, et dans une quinzaine de lieux de vote, entreprises, marchés, métros... Le dépouillement aura lieu à la Mairie le Samedi 3 octobre à 18h.

Une réunion publique essentiellement animée par des syndicalistes se tiendra dans la salle des fêtes de la Mairie, le mercredi 30 septembre à 20h.

LIEUX DE VOTE :
Vendredi 2 et samedi 3 octobre
de 9 À18h :
devant la Mairie


Jeudi 1 octobre :
Bourse du travail et entreprises À l'initiative des organisations
syndicales de 12h À 14h
Centre administratif municipal (rue du Capitaine Dreyfus) de 8h30 À 17h30

Vendredi 2 octobre et samedi 3 octobre
10 rue Victor Hugo de 10h À 12h et de 14h À 18h
Rue du Capitaine Dreyfus de 10h À 12h et de 14h À 18h
Centre administratif municipal (rue du Capitaine Dreyfus) de 8h30 a 17h30
Vendredi 2 octobre FIN D'APRÈS MIDI
Poste Centrale de 16h à 19h
Métro Croix-de-Chavaux (kiosque à journaux et rue Kleber) de 17h à 19h


Samedi 3 octobre matin
Bureaux de Poste de10h à 12h
Principale
La Noue
Bas Montreuil
Paul Signac
Théophile Sueur

Marchés de 10h à 13h
Ruffins
République
Autres lieux
Maison ouverte rue Hoche de 10h à 16h
Le Morillon (Lidl) de 10h à 12h
Rue de Rosny (face au Lidl) de 10h ˆ 12h
Monoprix de15h à 18h

Consultation nationale
sur la privatisation de La Poste
A Montreuil, on vote aussi



TOUTES LES BONNES VOLONTÉS SONT LES BIENVENUES POUR TENIR LES URNES ET AIDER AUX DÉPOUILLEMENT !